Test du capteur de sommeil Withings Sleep

Withings Sleep, le gardien de vos nuits

Test du capteur de sommeil Withings Sleep

« Miracle morning », « vie intense »,  « journée optimisée », « before-work », « maximisation des instants de vie », jamais notre époque n’a été autant marquée d’injonctions à jouir et rentabiliser chaque seconde d’usage de notre vie, quitte à hypothéquer sa santé.
Et justement comment faire quand on n’a plus de jus ? Quand on est fatigué ? Quand on ne trouve plus le sommeil ? Quand un tiers des français dort moins de 6h par nuit (source : Santé publique France) ?

Ralentir assurément, ne serait-ce que pour devancer cette mode idiote du toujours plus qui sera has been dans cinq ans et prendre soin de son sommeil, c’est sûr.
Mais pas n’importe comment ni avec n’importe quoi. Et si l’on vérifiait d’abord ce qui se cache dans notre sommeil avec le capteur Withings Sleep ?
Allez comme on nous disait plus jeunes, rendez-vous au cinéma «Au lion d’or » (comprenez au-lit-on-dort ndlr) pour un test version longue du capteur de sommeil de la pépite française.

 

Un sommeil de plume

Depuis des mois je ne dormais plus… Cela aurait pu être l’intro de l’inoxydable Fight Club de Chuck Palahniuk, porté à l’écran par David Fincher et interprété avec brio par le duo Edward Norton / Brad Pitt. Mais non, c’était ma vie – beaucoup moins hollywoodienne je dois l’admettre.

Si le petit train du sommeil arrivait bien en gare vers 23h30 pour m’endormir le soir, un contrôle de billets impromptu me laissait systématiquement en rase campagne à 2h30 du matin. Obligé donc de faire les 100 pas dans le lit pour arriver, éreinté, au bout de la nuit (avec en bande originale le fameux titre de Faithless).

Forcément, à trop tirer sur la corde, votre corps vous envoie des signaux, de plus en plus fort. Pour moi ça s’est caractérisé par une énorme pointe au cœur qui m’a réveillé au milieu de la nuit et m’a forcé à appeler le samu. N’ayant pas encore de tensiomètre connecté aussi abouti que le Withings BPM Core pour faire un ECG à domicile, direction les urgences.

Bilan : R.A.S. un cœur de jeune homme, tu parles. Par contre on me conseille vivement de voir un cardiologue et un pneumologue pour mon problème, car les deux sont liés lors de troubles cardiaques ayant lieu lors du sommeil.

 

Au cœur de l’analyse

Le cardiologue détecte une arythmie et conseille déjà de prendre des infusions plutôt que le litre quotidien de thé que je bois pour tenir afin de m’aider à mieux dormir, point accordé.

Le pneumologue, quant à lui, me fait aussi passer des tests et la conclusion fait froid dans le dodo : « vous faites des apnées du sommeil Monsieur, sur une nuit de 8h cela représente 2h en cumulé avec un record de 15 min à 2h30 du matin ». Le voilà mon terminus nocturne.

Il poursuit, «  il y a quatre grands facteurs inhérents aux apnées du sommeil :

  • Le surpoids
  • Le surmenage
  • La dépression
  • L’abus d’alcool et/ou de tabac

…non traitée, une apnée du sommeil va progresser et vous entraîner vers du diabète, une prise de poids supplémentaire, à terme un AVC ou un infarctus et probablement une démence liée à la mauvaise oxygénation du cerveau (et à la destruction de neurones consécutive).»

Ok ça calme… Bon on va dire « Tiercé dans le désordre » pour les facteurs mon capitaine, et il me faut donc dormir avec un masque à pression positive sur le museau afin de respirer correctement.


Si le pneumologue reçoit à distance le détail complet de mes nuits, mon respirateur ne me renvoie que 2 types de smileys (souriant et triste) en guise de bilan journalier sans possibilité d’y adjoindre une app « patient ».

Assez maigre donc quand on veut reprendre le contrôle de ses nuits, et c’est là que le Withings Sleep entre en jeu…

Test du capteur de sommeil Withings Sleep

 

Au cœur de l’analyse

Très facile d’installation, la mise en place du détecteur de sommeil Withings Sleep se réalise en 5 minutes top chrono. On sort le tout petit tapis (à peu près la taille d’un clavier informatique) de son emballage, on le place entre le matelas et le sommier (au niveau où serait notre cœur une fois allongé), on le branche, on synchronise avec l’application mobile Health Mate.
Une petite calibration du matériel lit vide et c’est parti.

Test du capteur de sommeil Withings Sleep

Je dois admettre qu’au départ j’étais circonspect sur la capacité du capteur Withings Sleep à récolter des données sur mes nuits. Je m’attendais à un système bien plus lourd à mettre en place et qui s’installerait sous les draps et non sous un épais matelas de 20 cm qui pourrait faire « écran ».
Mais magie de la technologie, ces aprioris sont balayés dès le lendemain matin.

Bilan de la première nuit, volontairement sans masque respiratoire : assez reposante avec 3 interruptions seulement. Mais par contre… 1h43 de ronflements subis par ma partenaire, aïe! Pour le meilleur et pour le pire chérie hein?

Malgré la reprise du masque de respiration, les nuits suivantes sont agitées et ce qui m’étonne ce n’est pas tant que le Withings Sleep les détecte mais plutôt avec quelle précision chirurgicale il m’en informe.

Test du capteur de sommeil Withings Sleep
Dans les entrailles, un coussin d’air

Durée d’endormissement, phases de sommeil (léger, profond, paradoxal, éveillé), régularité des heures de coucher et de lever, rythme cardiaque, mais aussi et surtout perturbations respiratoires, tout est passé au crible du détecteur de sommeil.
Avec en prime un scoring et la possibilité petit à petit de consulter une moyenne de sommeil pour la semaine et le week-end. Clairement le marchand de sable n’a qu’à bien se tenir.

Dommage toutefois qu’aucun des paramètres observés ne puisse faire l’objet d’un graphique d’évolution. Seules les heures de sommeil et les perturbations respiratoires peuvent être comparées à l’échelle de la semaine, du mois ou de l’année.

Test du capteur de sommeil Withings Sleep

 

Au repos soldat

Je ne vais pas m’appesantir sur la situation personnelle qui m’a fait passer un mois de mai en dents de scie côté dodo, mais il a fallu que j’arrête de tenir sur les nerfs pour que mon corps se repose.
Direction donc la case psychiatre et calmants pour faire ralentir mon cerveau un brin en surchauffe.
Et bien vous savez quoi ? Ça aussi le capteur de sommeil Withings Sleep l’a vu en juin !
Un beau tableau mensuel avec plein de billes vertes de nuits reposantes ça fait du bien au moral.

Les différents professionnels de santé ne connaissant pas ce système s’avouent d’ailleurs agréablement surpris du niveau d’information recueillie par le dispositif et souhaiterait que l’on puisse leur partager nos données pour leur suivi patient, ce que l’application ne propose malheureusement pas encore aujourd’hui.

On notera en contrepartie une bienveillance positive tout au long de l’utilisation de l’application du Withings Sleep, avec des conseils pointus pour se modeler une nouvelle hygiène de vie et même des programmes de coaching, en méditation notamment (il existe en théorie un programme pour améliorer son sommeil mais il s’est révélé en panne tout au long de notre test).

 

Le sommeil change tout, et changer tout change le sommeil

Fidèle compagnon de mes nuits et de mes insomnies sur ce test longue durée, le capteur de sommeil Withings Sleep me fait toucher du doigt les limites des objets connectés. Ceux-ci nous informent, nous aident à prendre des décisions, nous apportent du confort, mais ne peuvent pas tout faire à notre place !
En l’occurrence, malgré toutes ces informations très précises sur mon sommeil, ce n’est qu’en se mettant des coups de pied au derrière et en adoptant une nouvelle hygiène de vie, notamment en perdant du poids et en me soignant, que j’ai pu améliorer mes nuits.

La possibilité de regrouper au sein d’une application unique les données du Withings Sleep et de la balance Body+ est à ce titre très intéressante. Dommage par contre de ne pas avoir plus de notifications côté sommeil pour par exemple prévenir qu’il est bientôt l’heure de se coucher pour tenir sa régularité.
Il m’a semblé être plus coaché et gratifié par l’appli pour ma perte de poids que pour ma volonté de bien dormir et d’instaurer un rituel de sommeil.

Notons que l’expérience IFTTT a été intégrée à la solution. Pour rappel ce service permet d’automatiser très simplement certaines tâches du quotidien en se basant sur le concept conditionnel suivant : « si ceci se passe alors fais cela ».
Cette intégration vous permettra ainsi de créer des scénarios domotiques, comme baisser de quelques degrés votre thermostat connecté, fermer les volets au coucher ou encore allumer les lumières, lancer la cafetière au lever.

Côté tarif, si son prix peut paraître un brin salé (80€) c’est à mon sens le seul outil de prévention grand public qui existe. Mis en comparaison des multiples consultations de spécialistes et examens nécessaires pour détecter et suivre correctement un problème de sommeil de manière traditionnelle, le capteur Withings Sleep apporte finalement une réponse préventive complète et assez peu coûteuse, ce qui ne vous empêche pas de consulter données en main si vous voyez que cela dérape.
Et vous, combien valent vos nuits ?

 

Condition du test : Test réalisé avec un produit gracieusement fourni par Withings, en mode grosse grosse fatigue mais requinqué pour la rédaction du test.
Verdict
Le capteur de sommeil Withings Sleep va là où les outils médicaux semblent s’arrêter, aux portes du conseil et de la facilité de suivi quotidien. Loin de les résoudre tout seul, c’est toutefois l’outil indispensable au suivi des problèmes de sommeil. Je le recommande chaleureusement aux personnes insomniaques ou qui se sentent fatiguées dès le matin, en complément ou en attendant une approche médicale de suivi. Qui veut aller loin doit ménager le sommeil de sa monture devrait dire le dicton ! Bravo Withings pour ce travail, c’est l’un des mes coups de cœur 2019.
Installation
Application
Prise en main
Design
Ergonomie
Fonctionnalités
Interêt
Note des lecteurs1 Note4.65
Les plus
Facilité de mise en place et prise en main
Précision des données obtenues
Conseils disponibles et bienveillance de l’application mobile
L'intégration IFTTT, futée et très pratique
Les moins
Pas de partage possible avec un tiers médecin
Pas de possibilité d’obtenir certains graphes d’évolution (profondeur, durée, interruption)
Pas de notifications pour être coaché et améliorer son sommeil
4.6
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