Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

Plume Labs Flow 1 vs Flow 2 : nez à nez avec la pollution

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow 1 & 2 de Plume Labs

Après un premier détecteur de pollution Flow 1 salué par la critique et très remarqué au CES 2017, Plume Labs revient avec une nouvelle version de sa pépite.

Que vaut le détecteur Flow 2 et qu’apporte-il de nouveau, en cette ère post-Lubrizol et pré-Greta ? Réponse en direct de Rouen, une ville qui tousse mais respire encore…

Bon, autant le dire dès le départ, je suis (carrément tatasse) un peu toqué quand il s’agit de la pollution. C’est d’ailleurs aussi pour ça qu’à l’époque cela ne m’a fait ni chaud ni froid de quitter la région parisienne.
Je me souviens encore lorsque je prenais ma voiture l’été (disclaimer pour les ultras : le RER A est en travaux en été et sur la branche Cergy c’est un vrai cauchemar) et que, plongeant vers la Défense, je voyais la « sympathique » et vaporeuse robe jaunâtre qui entourait les buildings et maisons de l’ouest parisien.
Une vraie publicité pour caler ma Prius sur la route de la Creuse ou de toute autre région un chouya moins encombrée des bronches.

Là-dessus on se complète bien avec ma rouennaise. A l’affût sur tout ce qui est polluant, elle a banni les diffuseurs de parfums d’intérieur, les huiles essentielles, a investi dans des plantes dites dépolluantes, nous fait acheter des meubles d’occasion quand c’est possible (car le vernis a eu le temps de s’évaporer un peu) et reste en apnée quand elle fait la bise à une copine qui cocotte – bref elle est très attentive à l’air qu’elle respire.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

C’est pour cela que j’avais fait le choix du Flow à l’époque en guise de cadeau d’anniversaire pour ma moitié. Un outil pratique qui la suivrait partout et permettrait de mesurer la qualité de l’air. La suite vous la connaissez, elle est passée aux infos : Lubrizol, calfeutrage, peur, tâtonnement des pouvoirs publics et psychose ambiante.

A ce titre, le Flow premier du nom nous a fait réaliser que la pollution la plus importante n’est pas forcément celle qu’on sent ni celle qu’on voit le plus, rajoutant parfois une dose d’incrédulité à la paranoïa lorsque le capteur de pollution affichait une lumière rouge ou violette à l’intérieur de notre maison, et « seulement » jaune dehors.
Quoi de neuf avec le Flow 2, qu’apporte-t-il de plus que son ainé ? Inspirons et… décryptons.

 

Du côté obscur du Design

Avec son métal brossé gris et son attache de cuir couleur caramel le Flow 1 semblait faire les yeux doux à la gente féminine et à leur sac à main. Le Flow 2 joue lui sur une corde bien plus masculine.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

Noir de pied en cape, avec une attache en caoutchouc et un corps mat, le Flow 2 se donne une allure d’arme, limite furtive.
A tel point que les amis s’en viennent à dire « dis c’est quoi ton truc qui pend ? une alarme anti-vol de sac ? Une lacrymo ? Une grenade ?».
Mais si ce n’est ce côté « dark side » le Flow 2 est somme toute très proche de la première itération, même bouton central donnant une analyse instantanée (après préchauffage de 10 min au démarrage du bestiau), même poids et même forme.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

Seule la boite nous en dit plus et promet une (trop) discrètement analyse des « PM1 ».
Pour celles et ceux qui confondraient avec le PMU, il s’agit ici en fait de particules mesurant 0,001 mm, communément appelée « nanoparticules ». Celles-ci sont les plus dangereuses car du fait de leur taille elles peuvent passer la barrière alvéolo-capillaire des poumons et entrer directement dans le sang pour contaminer tous vos organes.
Bref, un chouette programme « cancer et difficultés respiratoires » pour votre canasson…

Ah ça le Flow 2 flatte l’œil dès l’ouverture du coffret… ce qui détourne naturellement le regard de quelques pingreries.
On citera notamment un dock de chargement qui voit son cordon USB diminuer sensiblement en longueur, et un chargeur qui est toujours aux abonnés absents. Espérons qu’au passage Plume Labs aura revu l’autonomie de son capteur car le Flow 1 nécessitait une charge quotidienne pour fonctionner, ce qui occupait une prise dédiée.
Dommage au passage de devoir absolument passer par un dock et non par un port USB-C classique directement intégré sur le capteur, ce qui faciliterait la recharge.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

 

C’est tellement BCBG tous ces titres à particules

Si ce n’est les PM1, qui distinguent le Flow 2 du Flow 1, les deux renifleurs savent détecter 4 types de polluants.

Les PM10 (de 10 microns donc) : qu’on nomme aussi « particules grossières », sont issues du trafic routier, de l’usure de la chaussée, et la combustion. Selon leur taille, ces particules se lovent dans les poumons.

Les PM2,5 : même topo en plus fin (moteurs diesel, suies, transformation chimique des gaz polluants en nitrates et sulfates, déchets de combustion). Ces méchantes abeilles peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires, les coquines.

Les COV, ou composés organiques volatils : solvants, peintures ou vernis. Cancérigènes évidemment sinon ce ne serait pas drôle.

Les NO2, ou dioxyde d’azote : les NO2 proviennent principalement de la combustion (chauffage, production d’électricité, moteurs des voitures et des bateaux).

Bon, maintenant que tout le monde a le cafard et est parti chercher sa corde, on va pouvoir passer au chapitre suivant… voilà voilà.

 

Dis-moi comment tu respires, je te dirais ce qui pollue

Tout comme avec le Flow 1, le Flow 2 s’associe à l’app dédiée (qui ne prend en charge qu’un flow à la fois) et se synchronise assez simplement.
Après 10 minutes de chauffe, les mesures sont réalisées de manière ponctuelle ou à la demande d’une pression sur le bouton central du bidule.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

Il est assez surprenant de constater que la pollution est bien souvent forte en intérieur, surtout pour les COV. Une mesure à proximité d’un appareil hifi qui chauffe (TV, ampli…) et c’est l’affolement général.
Pareil lorsque, pour la démonstration, vous montez des meubles neufs, cela fait parfois froid dans le dos. Une seule solution : A-é-rer longtemps, été comme hiver !
Une sortie en ville ? Evitez de regarder votre Flow dans les crêperies ou les restaurants bondés servant des gratins ou autres pizzas, vous n’aurez plus faim de la soirée…
La faute à la cuisson mais aussi aux multitudes de parfums que l’on porte et qui s’évaporent des salles chauffées à blanc. Un vrai bain dans le Gange !

En extérieur, les mesures entre le Flow 1 et le Flow 2 sont quand même moins homogènes. D’une pression sur le bouton le Flow 1 va se mettre au jaune ou au violet quand le Flow 2, moins pessimiste lui, va afficher une couleur plutôt verte ou jaune.
Ce n’est que très rarement que les deux capteurs de polluants ont été d’accord, bien que j’aie fait un tour d’apprentissage au Flow 2 avant ce test.
Assez déroutant mais cela s’explique finalement : la lumière affichée fait référence à l’indice de qualité de l’air le « AQI » qui est pondéré par la totalité des polluants rencontrés, le Flow 1 le calculant en prenant en compte un de moins, il ne faut en réalité comparer des scores que pour chaque détecteur et non entre eux.

Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs

Les déplacements à proximité de l’usine Lubrizol ou des voies rapides de la métropole rouennaises, se sont révélés assez pollués surtout en dioxyde d’azote, mais « pas plus pas moins » qu’à proximité d’autres pôles industriels (comme Total à Tancarville ou Vernon).
Dans les secteurs de l’agglomération où les vents portent souvent une odeur d’hydrocarbures, le petit Flow ne s’y trompe pas avec des COV plus présents qu’à l’accoutumée, sans être alarmants pour autant.

 

Des données et ces toux

Une fois l’effet nouveauté et le côté « control freak » passé, on est finalement assez déçu de l’applicatif et l’on s’en détourne à moyen terme.
C’est vraiment là que le bât blesse, plus que les mesures en soi. Les données récupérées ne sont en effet visibles qu’à travers un genre de fil d’actu « à la Facebook » sans consolidation possible de manière annuelle en les classifiant par exemple par lieu ou par trajet effectué.
Impossible également de filtrer les mesures pour n’afficher que celles de pollution forte ou autre.

On tombe finalement dans le revers de la big data : si vous habitez une grande ville, Plume Labs vous affiche en temps réelle à la rue près la carte de la pollution (voir https://air.plumelabs.com/pollution-de-lair/france )… ailleurs en revanche vous pouvez toujours rêver.

Que faire alors de toute cette data locale pour mon usage personnel, s’il n’est même pas possible de programmer par exemple un itinéraire le moins pollué en fonction de mon historique de trajets domicile <-> travail ?
Et quel est le meilleur moment de la journée ou le meilleur endroit pour me balader en vélo sans se charger les bronches ?
Combien de Flow-ers sont dans le coin ?
A ces questions toutes bêtes pour lesquelles la reprise d’un historique local est en mesure d’apporter une réponse, Flow ne répond rien pour le moment. On s’attendrait aussi à ce que l’appli croise les infos avec des bulletins d’alertes locaux (par exemple d’Atmo-Normandie http://www.atmonormandie.fr/) concernant la pollution de l’air compte tenu du signal GPS repris mais il n’en est rien. Dommage ces données étant souvent libres d’accès.

Pareil pour les relevés effectués par les Flow, on serait en droit d’attendre des push d’alerte en cas de forte pollution ou des conseils personnalisés en fonction des éléments les plus présents. Il n’en est rien, il faudra se contenter seulement des conseils de base fournis par l’appli. Bon, c’est mieux que rien.

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Reste une autonomie tout aussi maigre que sur le Flow 1 malgré un nouveau mode « veille » un peu planqué au détour des paramètres de l’appli.
On aurait aimé un bouton manuel sur le détecteur ou une fonction plus visible sur les écrans principaux. Ce facteur, ajouté à la faible plus-value de l’appli rendent l’usage à long terme peu intéressant en l’état. De fait le capteur a tendance à rester docké sagement après un temps d’utilisation. On en arrive à se dire, « ok c’est pollué mais ça me fait une belle jambe ! ».
Et là non plus pas de notification push pour inciter l’utilisateur à continuer de continuer et de partager sa data locale. Vraiment dommage car le produit a un vrai potentiel. Scrogneugneu !

 

Condition du test – Test réalisé avec un produit gracieusement fourni par Plume Labs et un produit acheté par nos soins. Aucun poumon n’a été maltraité pendant ce test.
Test des capteurs connectés de qualité de l'air Flow version 1 et 2 de Plume Labs
Plume Labs Flow 1 vs Flow 2 : nez à nez avec la pollution
Notre verdict
S’il est attrayant par le design, le Flow 2 n’apporte pas de réel gros changement susceptible d'offrir une plus-value révolutionnaire par rapport à son ainé Flow 1.
On aurait aimé par exemple un écran e-ink précisant la mesure pour justifier l’itération majeure.

Reste que les Flows ont clairement du potentiel si les équipes de Plume Labs améliorent leur appli.
Proposé 30€ moins cher à l’achat et sans rupture de stock, un Flow 1 fait déjà largement l’affaire pour quiconque veut en savoir plus sur l’air qu’il respire !
Installation
Application
Prise en main
Design
Ergonomie
Fonctionnalités
Interêt
Les plus
Simplicité
Design
Pertinence des mesures
Les moins
Autonomie de la batterie
Logiciel pas assez abouti
Manque d'accessoires
3.3

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Application
Prise en main
Design
Ergonomie
Fonctionnalités
Interêt
Note finale

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