Super Mario 3D All-Stars – La nostalgie à tout prix?

Test de Super Mario 3D All-Stars sur Nintendo Switch

Depuis de très nombreuses années, Nintendo a toujours été un grand champion du recyclage et des compilations. Allant des simples portages aux remasters, le concepteur japonais nous a toujours régalé dans le domaine.
On présume que la plupart de nos lecteurs qui ont eu une Super Nintendo dans les années 90 se souviennent forcément du titre Super Mario All Star qui regroupait quatre volets NES des aventures du célèbre plombier moustachu.

 

Grand professionnel quand il s’agit de jouer avec la fibre nostalgique, Big N a même employé ses titres dans un nombre de portage incalculables.
On se souvient des titres portés à l’unité sur Game boy Advance par exemple, allant jusqu’à la lassitude des re-sorties perpétuelles.
Mais tout n’est pas à jeter et nul doute que nombre d’entre vous se souviennent du portage de qualité de Mario 64 sur la portable Nintendo DS.
On se souvient en revanche du portage Wii de Super Mario All Star qui était une vaste blague, tout juste bonne à vous délester de votre argent.

Depuis quelques années, Nintendo s’est principalement contenté de ressortir ses vieux titres via son shop ou via son catalogue virtuel offert avec l’abonnement online de la Nintendo Switch.
Si le géant Japonais s’était jusqu’alors contenté de recycler principalement ses titres 16-bits, voilà qu’il crée la surprise en sortant dans une même compilation, trois titres majeurs de l’ère 3D.

Chacun est le porte étendard de la machine sur laquelle il est sorti en son temps. Alors aujourd’hui en 2020, que vaut cet héritage ?
Madeleine de Proust ou pompe à fric ?.
Voyons ensemble épisode par épisode ce que nous propose le titre.

 

23 ans après avoir été une révolution, toujours une étoile ?

Les plus vieux d’entre vous se souviennent forcément le choc produit par le titre à l’époque.
La première Playstation était en train d’affirmer sa domination sur la Sega Saturn et les développeurs se mettent à maîtriser de mieux en mieux la 3D sur les machines de salon. Au milieu de tout cela, Nintendo enchaîne les reports de sa nouvelle machine, l’ultra 64, qui sortira finalement sous le nom de Nintendo 64.

Cette époque qui a marqué l’avènement du support CD nous laissait tous sceptiques quant à une nouvelle machine qui conservait le support cartouche.
Mais Nintendo avait un gros atout dans sa manche.

Mario 64, en plus d’être le porte étendard de la console sera un vrai machine-seller.
Si le titre a connu un portage de haute qualité sur la portable Nintendo DS, il faut bien noter que la version proposée dans cette compilation est celle d’origine.
Exit donc les nombreux ajouts de la version de la portable à double écran.

Passé cette déception, force est de constater que le titre a subi un petit lifting.
En plus de sa fluidité constante, il profite d’une meilleure résolution que l’original ainsi que moins d’aliasing.
Autre déception, le titre conserve son format d’image 4/3 d’époque qui laisse du coup de vilaines bandes noires de chaque côtés de l’écran. Proposé dans une résolution de 960 x 720 que ce soit en nomade ou en docké, le titre dispose d’un affichage de 30 images par secondes constant.

Du reste, nous sommes face à une pierre angulaire du jeu de plate-forme 3D avec des niveaux vastes à explorer qu’il sera nécessaire de refaire plusieurs fois pour y compléter tous les objectifs.
Une mécanique de jeu qui deviendra une habitude pour la saga. Si la jouabilité répond toujours aussi bien, la gestion semi-automatique de la caméra accuse le poids des années.

La gestion libre de la caméra que l’on aurait souhaité laisse place à un simple ajustement de la distance et à quelques rotations. Un élément qui peut paraître vieillot aujourd’hui.

La bande son n’a en revanche pas pris une ride. Un titre peut-être à réserver plus aux nostalgiques qu’aux joueurs habitués aux mécaniques modernes.

 

En plein soleil, pensez à vous hydrater

Sur chacune de ses machines, Nintendo a toujours exploité (et peut être surexploité) ses plus grandes licences.
C’est donc tout naturellement que le géant japonais va nous proposer une nouvelle aventure de son célèbre plombier sur sa nouvelle machine de l’époque, le Game Cube.
Lourd fardeau de devoir passer après un Mario 64 qui est parvenu au statut de titre culte, posant même les code d’un genre. Malgré ses nombreux points positifs, le titre a alors souffert de la comparaison de de son aîné.

Aujourd’hui, nous voilà face une version légèrement remaniée. Le titre nous propose donc une résolution de 1920 x 1080 en mode docké et de 1280 x 720 en mode portable. Quel que soit le mode de jeu pratiqué, le jeu est en 30 images par seconde constant, le tout dans un affichage en 16/9ème donc.

Fort de l’expérience de l’épisode sorti sur Nintendo 64, ce Mario Sunshine propose une expérience similaire avec des environnements bien plus vastes et bien plus riches

L’opus prend place sur une île où ce qui semble être un clone maléfique de Mario pollue les lieux de graffitis et de boue qu’il faudra nettoyer.
La particularité du titre réside dans l’utilisation d’une pompe à eau faisant office d’arme contre les ennemis, d’outils pour nettoyer les résidus qui polluent l’île mais qui peut aussi se transformer en une sorte de jet-pack, vous permettant d’explorer plus facilement les environnements parcourus.

Il s’agit certainement du titre de la compilation qui profite le plus de son portage.
Avec une image bien plus fine et surtout son affichage en 16/9ème, il se parcourt avec plaisir, que l’on soit nostalgique du titre original ou qu’on le découvre aujourd’hui.

 

Mario au secours de la galaxie mais sans les gardiens.

Passons au dernier volet de cette compilation. Mario Galaxy, sorti à l’origine en 2007 sur Nintendo Wii.
L’opus était parvenu à l’époque à surprendre les joueurs en proposant de nombreuses nouvelles mécaniques profitant des fonctionnalités particulières de la machine sur laquelle il a été pensé.

Il bénéficiera d’ailleurs d’une excellente suite sortie en 2010 sur la même machine. Ce Mario Galaxy 2 est d’ailleurs le grand absent de cette compilation. En effet, que ce soit par son concept de compilation ou par son titre, ce Super Mario 3D All-Stars laissait présumer que nous aurions à disposition tous les opus 3D des anciennes machines de Nintendo.

Mais revenons en à ce premier opus. Proposé en docké dans une résolution de 1920 x 1080 et de 1280 x 720 en portable, il est, contrairement à ses deux compères, proposé en 60 images par seconde quel que soit le mode de jeu choisi.
Graphiquement parlant, il s’agit sans conteste du titre ayant le moins vieillit mais aussi, de par son plus jeune âge, celui qui a le moins bénéficié de retouches visuelles.

Mario Galaxy propose des mécaniques nouvelles pour la saga avec des niveaux constitués de petites planètes à parcourir.
Proposant des graphismes colorés et chatoyants, son design n’est pas en reste avec un style graphique qui sera majoritairement conservé par la saga.

Vous devrez ainsi retrouver des fragments d’étoiles tout en parcourant la galaxie. Avec un retour des transformations propres à la saga, nous en découvrons des nouvelles comme le Mario abeille pouvant planer quelques instants. Des mécaniques qui, ici, n’ont pas pris une ride et régaleront aussi bien les nostalgiques que les amateurs de jeux de plate-forme.

Comme evoqué plus haut, le titre avait à l’époque profité des spécificités de son support d’origine. Exploitant la wiimote et le nunchuk de la Wii, il a fallu tout naturellement s’adapter aux possibilités de la petite dernière de Nintendo. Il convient donc bien d’appréhender les différences existantes entre la Nintendo Switch et sa déclinaison Lite.
Sur Nintendo Switch “classique”, vous pouvez au choix, jouer sur la télé ou en mode portable. Sur grand écran, vous devrez jouer aux joy-con, afin de mimer les manettes de Wii.

Exit l’utilisation d’une manette Pro. En mode portable, vous devrez utiliser l’écran pour certaines interactions. Cette manière de jouer est donc la seule possible sur Nintendo Switch Lite. Et là, les étoiles brillent déjà beaucoup moins.
Même en ayant de grandes mains, vous devrez lâcher la partie gauche ou droite de la machine pour accéder à l’intégralité de l’écran. Un choix plus que discutable qui rend certains passages très laborieux. Un titre à privilégier en mode docké donc.

 

Des bandes originales qui traversent le temps et les générations.

Depuis ses débuts, le géant Japonais a bien compris l’importance de la bande son au sein de ses titres.
Ainsi, dès la Nintendo NES, de nombreux titres bénéficieront de thèmes entêtant devenus cultes.
Nintendo a donc jugé bon de nous mettre les OST complètes des trois épisodes à disposition. D’une bonne qualité, elles s’écoutent avec grand plaisir.

Fonctionnalité totalement inattendu, il est possible de laisser la lecture des bandes son en cours d’exécution tout en mettant la console dans une sorte de veille.
L’écran sera ainsi éteint et les touches désactivées. Si je ne me vois pas trimballer ma console comme un baladeur, la fonction a le mérite d’exister et de montrer que Nintendo recherche de nouvelles pistes d’exploitation de sa machine hybride.

 

Conditions de test: Test réalisé à partir d’une version dématérialisé fournie par l’éditeur. Une bonne trentaine d’heures à été nécessaire pour la réalisation de ce test. Si je dispose des trois jeux sur leurs plateformes d’origine, le confort d’y jouer sur switch va certainement leur faire prendre la poussière !
Il s’agit à l’heure actuelle de la façon la plus simple d’accéder et de profiter de ces titres.
Super Mario 3D All-Stars – La nostalgie à tout prix?
Joli petit lot ou compilation pour pigeon ?
Je vais être honnête avec vous, je ne compte pas aborder le débat autour du fait que les trois titres ne seraient portés que grâce à de simples émulateurs.
Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est bien le contenu qui est proposé et non la technique de sa conception.

Si il y a bien un point sur lequel on ne peut pas revenir, c’est bien que les trois titres proposés ont marqués leurs époques respectives. Aujourd’hui encore, ils proposent des expériences riches. Le support de la Switch comporte tous les conforts induits par la machine.
Ainsi, il n’a jamais été aussi simple de jouer à Mario 64 dans de bonnes conditions sur nos écrans HD actuels.
Mario Sunshine proposé en 16/9ème et avec des graphismes lissés est lui aussi agréable.
Et Mario Galaxy, le moins vieux des trois, vous évitera de ressortir votre Wii ou votre WiiU pour être jouer.

Mais tout n’est pas rose. Si le contenu promet de très nombreuses heures de jeu, le fait d’être devant des portages aussi fainéants peut faire grincer des dents.
En effet, que ce soit de part son prix ou sa politique de limite de disposition dans le temps, le jeu peut peiner à faire passer la facture. Car il se trouve, si vous n’avez pas suivi l’information, que le titre ne sera plus disponible passé le 31 mars 2021.
Politique curieuse visant à créer le besoin et la rareté, la démarche peut faire douter du bien fondé de l’opération.

De même, à une époque où nous avons vu débarquer sur la console hybride de Nintendo des compilations remasterisées de haute volée telles que Crash Bandicoot n’sane trilogy ou encore Spyro reignited trilogy, les simples portages ici présents peuvent paraître fades.

En conclusion, nous sommes face à une compilation des plus fainéantes mais qui comporte de très belles pièces.
Petite remarque à propos de Mario 64 qui accuse le poids des ans. Si vous n’avez pas fait le titre à l’époque, il y a fort à parier que vous aurez quelques difficultés à vous approprier les mécaniques jeu.
Point positif pour Mario Sunshine qui est le titre qui profite le plus d’un coup de neuf. Un titre vendu au prix fort qui loupe son statut d’incontournable. Il serait dommage de passer à côté pour celles et ceux qui ont loupé les titres à l’époque ou qui voudraient les refaire, mais attention à bien avoir en tête qu'il s'agit de simples portages et non à des remasters et que l’adaptation de la jouabilité de Mario Galaxy pourra rebuter, surtout sur Switch Lite.
Les plus
Le plaisir d’avoir 3 grands classiques dans la poche
Chaque jeu pris seul est déjà une perle.
Sunshine passé en 16/9ème
Grosse durée de vie
Les 3 bandes originales écoutables même en veille
Les moins
Des portages fainéants
Mario 64 en 4/3
Quid des ajouts de la version DS de Mario 64
Absence très remarquée de Mario Galaxy 2
Jouabilité manette de Mario Galaxy bâclée
La caméra de Mario 64 a prit un gros coup de vieux
3.5

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