La smartwatch culte des années 2010 était de retour au CES 2026 avec un projet plutôt grisant : des montres e-paper avec une autonomie d’un mois. zéro IA inutile et pour ajouter un peu de piment une bague à 75 €. S’agit-il d’un retour aux sources ou d’un coup marketing nostalgique ?
Cette smartwatch mythique avait explosé les charts Kickstarter en 2012 avant de disparaître corps et biens suite son rachat par Fitbit en 2016.
De retour au CES 2026 de Las Vegas, le fondateur original Eric Migicovsky a débarqué avec trois nouveaux produits et envoie un message clair au marché : on n’a peut-être pas besoin d’une Apple Watch à 500€ qui tient une journée.
À l’heure où Apple, Samsung et Garmin rivalisent pour ajouter toujours plus de capteurs, d’IA et de fonctionnalités sur nos poignets, Pebble fait exactement l’inverse.
Un retour improbable avec 5 employés
L’histoire du retour de Pebble est presque aussi improbable que son succès initial.
Après des années à garder ses vieilles Pebble dans une boîte et à tester désespérément toutes les smartwatches du marché, Migicovsky a fini par admettre qu’il avait « des besoins très ésotériques ». Traduction : aucune montre moderne ne lui convenait. Alors plutôt que de continuer à rager en silence, il a décidé de faire revivre Pebble. Mais pas n’importe comment.
Cette fois, exit le modèle startup classique avec les levées de fonds et la scalabilité à tout prix. Pebble 2.0 (officiellement sous la bannière de sa nouvelle société Core Devices) s’exécute avec 5 employés à plein temps, un financement maison et un OS open source.
Un vrai projet passion et personnel pour Migicovsky qui ne souhaite pas révolutionner les wearables mais produire des montres qui fonctionnent simplement et durablement.
C’est un positionnement risqué mais sincère. Dans un marché saturé de promesses marketing, ça change. Pebble ne cherche pas à conquérir le monde. Migicovsky veut juste faire des produits pour « des gens comme lui » — ceux qui trouvent les smartwatches modernes trop complexes, trop gourmandes en batterie et trop intrusives.
Back to the low-future
Pebble revient donc avec 3 produits pour défier et peut-être challenger cette nouvelle année.
La Pebble Round 2 : l’élégance minimaliste
C’est la star du comeback. Inspirée de la Pebble Time Round de 2015 (qui était déjà ultra-fine à l’époque), la Round 2 pousse le concept encore plus loin. Un boîtier en acier inoxydable de 8,1 mm d’épaisseur seulement surmonté d’un écran e-paper circulaire de 1,3 pouce (260 x 260 pixels) et surtout 2 semaines d’autonomie. Oui, vous avez bien lu. Quinze jours sans passer par la case chargeur.
Une « prouesse » rendue possible grâce à l’usage d’un écran e-paper (pas exactement de l’e-ink, plutôt un LCD basse consommation qui affiche 64 couleurs) et d’un micro-contrôleur simple plutôt qu’une puce survitaminée.
Les résultats sont là un affichage always-on parfaitement lisible en plein soleil et surtout sans fusiller la batterie en 24 heures. A ce tarif, n’espérez pas un capteur cardiaque, Migicovsky a fait le choix de sacrifier cette fonction pour garder la montre ultra-fine.
Cette Pebble Round 2 s’affiche à 199$ en précommande pour une livraison prévue en mai 2026. Elle est disponible en noir mat, argent brossé ou or rose poli.
La Pebble Time 2 : le fantôme devenu réalité
Sortie des cartons, la Time 2 était censée sortir en 2016 avant que Fitbit ne rachète Pebble et annule tout.
Dix ans plus tard, elle ressuscite avec des specs à jour. Format rectangulaire, écran e-paper de 1,5 pouce, capteur cardiaque, haut-parleur intégré et le tout avec une autonomie d’un mois.
Elle sera livrée entre maintenant et avril 2026 pour ceux qui l’ont déjà précommandée (au prix de 225 $). Celles et ceux ayant réservés une Time 2 peuvent basculer sur la Round 2 si elles préfèrent le format circulaire.
La Pebble Index 01 : la bague à usage unique
Plus radicale dans la gamme, la Pebble Index 01 est une bague connectée à 75 $ qui ne fait qu’une chose – enregistrer vos notes vocales. Pas de suivi du sommeil, pas d’analyse de santé, pas de mesure d’oxygène dans le sang. Juste un micro, un bouton et une batterie qui dure deux ans.
L’objectif de la bague serait de capturer rapidement une pensée sans sortir son téléphone.
Vous faites du vélo et vous avez une idée lumineuse ?
Un double-tap sur la bague, vous parlez et l’app transcrit automatiquement. Vous pouvez même personnaliser les commandes : simple pression pour déverrouiller votre serrure connectée, double-tap pour allumer les lumières. Une action, un ordre, c’est basique, c’est ciblé, et ça marche. Livraison prévue en mars 2026.
Pourquoi ça pourrait marcher (ou pas)
Lancer en 2026 des montres sans capteur d’oxygène sanguin, sans ECG et sans IA embarquée, c’est audacieux voire suicidaire. Le marché des wearables est dominé par deux camps : les montres ultra-complètes type Apple/Samsung qui font tout (ou essaient) et les Garmin qui visent les sportifs hardcore.
Entre les deux, la stratégie minimaliste Pebble peut-elle se frayer une place ?
Peut-être ! L’Apple Watch qui vibre toutes les cinq minutes pour vous rappeler de respirer ou de vous lever, ça lasse.
Idem pour les 50 fonctionnalités de santé qu’on utilise jamais. Et puis cette foutue batterie qui meurt tous les jours.
À mon sens, Pebble mise sur la frustration accumulée d’une partie des utilisateurs qui veulent juste… une montre qui affiche l’heure et les notifs.
Gizmodo a même couronné la Round 2 comme « la meilleure smartwatch du CES 2026 ». Tom’s Guide l’a placée dans son top 7 des gadgets wearables de l’événement. Manifestement, l’idée séduit.
Les précommandes ont été ouvertes début janvier et pour l’instant, Migicovsky semble confiant. Qu’à cela ne tienne, le vrai test sera dans six mois quand les premières montres arriveront chez les clients et sur notre bancs de test.
Open source vraiment ?
Le PebbleOS serait entièrement open source. Ça veut dire que n’importe quel développeur peut créer des apps, des watchfaces et ainsi s’approprier le système.
Il existe déjà un Pebble Appstore avec des applications pour le suivi du sommeil, la musique, la météo, les jeux et la messagerie. C’est un pari sur la communauté : plutôt que de tout développer en interne, Pebble compte sur ses fans pour enrichir l’écosystème.
Une démarche plébiscitée il y a plus d’une décennie maintenant, mais est-ce valable en 2026 ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que les utilisateurs pourront continuer à utiliser leur montre grâce au code ouvert. C’est déjà ça.



