Les lunettes connectées ont longtemps souffert du même problème : on pourrait les porter par conviction technologique, pas par envie. Trop encombrantes, trop voyantes, trop « regardez-moi je suis un early adopter ».
Au CES 2026 de Las Vegas, XGIMI avait frappé fort en dévoilant sa toute première gamme de lunettes baptisée MemoMind.
Et pour concurrencer Meta et ses Ray-Ban, il fallait sortir l’artillerie : marier technologie et style sans sacrifier l’un sur l’autel de l’autre.
Jusqu’ici connu pour ses vidéoprojecteurs, le fabricant chinois applique son expertise en optique aux wearables avec une ambition claire, celle créer des lunettes que l’on utilise au quotidien.
Du vidéoprojecteur aux lunettes, un virage qui a du sens
Pendant plus d’une décennie, XGIMI a perfectionné son expertise en optique et en design. Aujourd’hui, elle applique tout ce savoir-faire aux objets connectés avec MemoMind, une marque dédiée aux lunettes IA.
La singularité de MemoMind réside dans son approche modulaire. La marque propose huit styles de montures et cinq modèles de branches interchangeables avec une compatibilité totale pour les verres correcteurs. Vous portez des lunettes de vue ? Parfait, vous pourrez adapter MemoMind à votre prescription.
Vous préférez un style plus sportif ou plus classique ? Choisissez votre combinaison.
Cette personnalisation n’est pas anecdotique, elle répond au frein majeur de l’adoption des lunettes connectées. Personne ne veut porter deux paires de lunettes ni ressembler à un prototype ambulant.
Trois modèles pour trois usages
XGIMI structure son offre autour de trois déclinaisons. Chacune cible un profil d’utilisateur différent.
Les Memo One, modèle phare à 599 €, intègrent un affichage monochrome, essentiellement textuel, binoculaire et des haut-parleurs pour une expérience immersive complète. C’est une version intégrale pour celles et ceux qui souhaitent exploiter toutes les capacités de l’IA au quotidien.
À l’opposé, les Memo Air Display adoptent une approche minimaliste avec un affichage monoculaire. Ultra-légères à seulement 28,9 grammes (parmi les plus poids plumes du marché) cette version vise un port prolongé quasi invisible. L’autonomie annoncée d’une semaine grâce à l’étui de recharge en fait un compagnon discret pour des interactions ponctuelles. Parfait si vous voulez juste checker vos notifications ou obtenir une traduction rapide sans vous encombrer.
Un troisième modèle, encore plus proche des lunettes traditionnelles, est déjà en développement. XGIMI joue clairement la carte de la diversification pour séduire tous les profils.
Une IA hybride qui choisit son champion
Côté logiciel, MemoMind se distingue par son système d’exploitation multi-LLM hybride.
Contrairement à la plupart des concurrents qui s’appuient sur un seul fournisseur d’IA, ces lunettes basculent intelligemment entre plusieurs modèles : OpenAI pour certaines tâches conversationnelles, Azure de Microsoft, et Qwen d’Alibaba selon les besoins. L’objet est de toujours sélectionner le meilleur outil pour chaque situation : traduction instantanée, résumé de conversations, prise de notes, rappels contextuels ou guidage GPS.
L’interaction reste volontairement sobre. Un seul bouton pour naviguer entre les fonctions, pas de caméra embarquée (contrairement aux Ray-Ban Meta) et une IA qui n’intervient qu’au bon moment.
Pas de notifications intrusives qui vous coupent en pleine discussion. Juste une assistance en arrière-plan, discrète mais toujours disponible.
À l’usage, on imagine facilement le confort.
Vous êtes en réunion avec un client japonais, instantanément vous disposez d’une traduction en temps réel. Vous flânez dans une ville inconnue, un guidage vous est proposé sans devoir sortir votre smartphone toutes les trois minutes.
Le défi du quotidien
Reste à savoir si MemoMind tiendra ses promesses dans la vraie vie. Sur le papier tout semble parfait mais l’autonomie annoncée résistera-t-elle à un usage intensif ?
L’affichage sera-t-il lisible en plein soleil ? Et surtout, l’IA saura-t-elle vraiment rester à sa place sans devenir envahissante ? Autant de questions que seuls les premiers utilisateurs pourront trancher.
Les précommandes devraient ouvrir prochainement avec une commercialisation qui s’étalera progressivement selon les modèles.
XGIMI n’a pas encore précisé la disponibilité en France ni le calendrier exact. Mais les Memo One à 599 € se positionnent clairement face aux Ray-Ban Meta. Un pari audacieux pour une marque qui débarque sur ce marché mais qui pourrait bien payer si la qualité optique et le confort sont au rendez-vous.




