Bruxless : on ne grince plus, on dort mieux

Bruxless, la mentonnière connectée anti-bruxisme fabriquée en France
© Bruxless

Vous connaissez peut-être cette sensation matinale étrange : la mâchoire en béton, les tempes qui battent et l’impression d’avoir mâché du caillou toute la nuit. Bienvenue chez les bruxeurs, ce club très privé dénombrant pas moins de 10 à 15 millions de membres en France. Jusqu’ici, on vous proposait une gouttière qui protège les dents sans rien régler, des piqûres de toxine botulique tous les six mois ou de l’ostéopathie qui soulage sans guérir.

Toutes ces approches sont palliatives, aucune ne s’attaque à la source. Bruxless, jeune pousse installée à Manosque, vient d’annoncer ce 18 mai le premier dispositif connecté capable d’interrompre les crises en temps réel : Une mentonnière connectée à 699€, livraisons prévues dès juin 2026. Pas donné, mais lisez la suite avant de fermer l’onglet.

 

Une parafonction qui broie du noir… et de l’émail

Le bruxisme, on en parle encore trop peu et pourtant il fait des ravages. Serrer ou grincer des dents involontairement, surtout la nuit et à l’insu du dormeur, ne constitue par une bizarrerie : c’est de l’émail qui part en cacahuète, des fissures dentaires, des douleurs musculaires chroniques, des migraines tenaces et un sommeil qui ressemble plus à un match de catch qu’à une nuit réparatrice.

À terme, les atteintes peuvent même dépasser la sphère bucco-dentaire et chambouler l’équilibre global du corps. Si vous vous reconnaissez vaguement dans le tableau, les solutions actuelles vont sans doute vous parler. Les gouttières protègent les dents mais n’agissent pas sur le trouble. Les injections de botox dans les masséters soulagent temporairement et reviennent tous les trois à six mois. L’ostéopathie aide à la marge et l’électrothérapie soulève encore des interrogations. Bref, jusqu’à présent, aucun traitement curatif. C’est précisément ce vide thérapeutique que Bruxless a décidé de combler.

 

Le trompe-cerveau

Pour y arriver, la start-up est allée piocher dans un domaine totalement inattendu : la rééducation post-AVC.
La technologie qui anime Bruxless s’appelle FPS (stimulations proprioceptives fonctionnelles). Elle a été développée pendant plus de trente ans par Techno Concept, entreprise référencée DEEP TECH spécialisée dans la rééducation neuromotrice. Cliniquement et scientifiquement validée, elle a déjà permis de faire remarcher des patients en milieu hospitalier. Excusez du peu.

L’histoire vaut le détour : c’est lors d’une consultation chez le dentiste que Guillaume Collinot, fondateur de Bruxless, découvre qu’il souffre lui-même de bruxisme. Il s’intéresse alors à cette techno hospitalière qui n’avait jamais été appliquée au serrement de mâchoire et trois ans de R&D plus tard, voici le résultat.
La mentonnière intègre des capteurs de pression et des accéléromètres qui surveillent en permanence vos masséters (ces muscles puissants qui grincent).
Dès qu’un épisode s’amorce, le dispositif envoie de micro-vibrations mécaniques très précises à des points ciblés de la mâchoire. Ces vibrations créent des sensations artificielles de mouvement qui court-circuitent le signal musculaire. Résultat, votre cerveau, persuadé que la mâchoire vient de se desserrer, relâche immédiatement le masséter. L’épisode est interrompu avant même que vous en ayez conscience.

Bruxless, la mentonnière connectée anti-bruxisme fabriquée en France
© Bruxless

 

Deux modes, une appli, zéro contrainte

Côté usage, Bruxless joue la carte de la simplicité avec deux modes complémentaires. Le mode préventif s’utilise quelques minutes avant le coucher ou en journée : la mentonnière délivre un massage décontractant ciblé sur les masséters, histoire de réduire leur tension de fond.

Le mode réactif, lui, prend le relais la nuit. Capteurs en veille active, le dispositif détecte chaque épisode et intervient automatiquement pour en réduire la fréquence et la durée. Pas de réveil en sursaut, pas de gêne. La mentonnière elle-même a été pensée pour disparaître : un système de réglage permet d’ajuster la largeur quel que soit votre gabarit de visage et l’ergonomie a été retravaillée pendant trois ans sur plusieurs prototypes successifs.

Côté suivi, une application mobile (compatible iOS et Android) cartographie vos épisodes nuit après nuit. Vous voyez vos progrès, vos pics de stress dentaire, vos améliorations. Pratique pour rester motivé et précieux si vous décidez d’en parler à votre dentiste.

 

Une innovation française et un retour de bêta plutôt bluffé

Bruxless joue la transparence sur le statut du produit. Le casque est commercialisé en tant que dispositif bien-être. C’est honnête de le préciser, parce que cela conditionne l’absence (pour le moment) de remboursement Sécurité sociale et la nécessité de continuer à voir votre dentiste en parallèle.

Cela dit, la phase bêta a manifestement convaincu les pros invités à tester le dispositif.

Le bruxisme a toujours été un véritable enjeu dans ma pratique quotidienne, autant pour mes patients que pour moi-même, étant personnellement concernée par ce trouble. J’ai eu la chance de tester le casque Bruxless en version bêta, et j’ai été agréablement surprise par les résultats obtenus en peu de temps. C’est une solution innovante et prometteuse que je n’hésiterai pas à recommander à mes patients, en complément des approches classiques.

Ines Icard, chirurgienne-dentiste à Toulouse et bêta-testeuse

Du côté de la fabrication, le casque est entièrement produit à Aix-en-Provence, à un coup de cigale du siège manosquin. La techno FPS est brevetée et reste la propriété de Techno Concept, qui supervise le volet clinique. Plusieurs milliers d’unités sont prévues en production annuelle et près de 400 dispositifs ont déjà été précommandés.

Bruxless, la mentonnière connectée anti-bruxisme fabriquée en France
© Bruxless

 

Prometteur, il faut maintenant juger sur pièce

Bruxless coche pas mal de cases dans notre coeur de technophile : une fabrication française à Aix-en-Provence, une technologie hospitalière déjà validée scientifiquement, une approche non invasive sans produit ni douleur, une appli de suivi sur iOS et Android, deux modes d’usage qui couvrent jour et nuit.

À 699€ TTC (avec une option de paiement en 4 fois à 174,75€ via PayPal pour adoucir le coup), l’addition pique sur le moment mais comparée à plusieurs années d’injections de botox ou de gouttières à renouveler, le calcul peut tenir debout. Reste deux choses à garder en tête. D’abord le statut de produit bien-être plutôt que dispositif médical, qui appelle à conserver un suivi dentaire classique. Ensuite, l’attente : les livraisons démarrent en juin 2026, donc patience. Si vos nuits ressemblent à une carrière de marbre et que vous avez tout essayé sans succès, ça vaut clairement le coup de garder un œil dessus.

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