Il y a une loi non écrite dans l’univers des robots aspirateurs : les meilleures technologies arrivent d’abord sur les modèles à 1 000 euros, puis descendent progressivement vers le grand public.
Fraîchement fondée (en 2024), la marque MOVA est déjà bien implantée dans le segment des robots aspirateurs laveurs et tente de court-circuiter cette logique avec le P70 Pro Ultra. Lancé à 699 euros, avec une offre de lancement à 599 euros jusqu’au 12 mai, il embarque une puissance d’aspiration de 30.000 Pa, une station tout-en-un avec lavage des serpillières à 100 °C et une reconnaissance d’obstacles IA qui identifie plus de 280 types d’objets. Des arguments qu’on trouvait jusqu’ici réservés aux Dyson, Dreame et Roborock à 900€ et plus.
Une puissance qui aspire à tout
Sur le papier, la course aux pascals peut ressembler à une guerre des chiffres sans fin comme les mégapixels des capteurs photo.
Mais entre le P70 Pro Ultra et son prédécesseur le P50 Pro Ultra (19.000 Pa), l’écart n’est pas cosmétique – c’est presque le double de puissance d’aspiration.
Le moteur tourne à 120 000 tr/min pour générer ce niveau de succion, tout en maintenant un niveau sonore contenu pour un usage quotidien dans un appartement ou une maison.
Concrètement, ça se traduit par une capacité à traiter les débris volumineux (litière de chat, résidus de cuisine, poils d’animaux, grains, coques) aussi bien que la poussière fine. La brosse principale en caoutchouc gère les particules de grande taille sans les éjecter sur les côtés et MOVA propose en option une brosse CleanChop™ anti-enchevêtrement qui coupe les cheveux directement pendant l’aspiration, formant un triple système anti-nœuds avec la brosse latérale et la roue omnidirectionnelle.
Pratique si vous avez des animaux ou des longs cheveux dans le foyer.
Le bac à poussière de la station accepte jusqu’à 3,2 litres, soit une autonomie annoncée de 100 jours sans vidange manuelle. La station se charge automatiquement de cette opération après chaque cycle.
Le récurage version mécanique
C’est ici que le P70 Pro Ultra se distingue le plus clairement du segment milieu de gamme. La plupart des robots laveurs se contentent d’humidifier le sol en faisant tourner leurs serpillières doucement – ce qui fonctionne sur les taches fraîches mais montre vite ses limites sur les résidus secs ou collants.
Le P70 Pro Ultra applique 12 N de pression descendante sur ses doubles serpillières rotatives, contre 6 N sur le P50 Pro Ultra et 7 N sur l’Ecovacs T50 Pro Omni Gen2. C’est la force exercée par quelqu’un qui s’appuie réellement sur une serpillière manuelle. Combinée à une vitesse de rotation de 260 tr/min (la plus élevée du marché, contre 180 tr/min pour le Dreame L40s et le Roborock Qrevo), le système décolle efficacement les taches de sauce soja séchée, les traces grasses de cuisine et les résidus collants en un seul passage.
La technologie MaxiReach™ complète le tableau côté couverture. Comme le Dyson Spot+Scrub AI, la brosse latérale s’étend pour atteindre les coins et les bords à 100 % et la serpillière se déplace en RoboSwing jusqu’à 4 cm sous les meubles pour nettoyer au ras des murs. La certification de couverture à 100 % des angles est signée TÜV SÜD, ce qui lui donne un peu plus de crédit qu’une simple déclaration marketing.
La station qui fait vraiment tout
La vraie proposition de valeur du P70 Pro Ultra, c’est sa station tout-en-un. Elle automatise l’intégralité du cycle de maintenance : remplissage en eau propre et solution nettoyante, vidange du bac à poussière, lavage des serpillières, séchage, recharge. Vous posez le robot, vous repartez, la station s’occupe du reste.
Le point fort, le système de lavage monte à 100°C grâce au PTC (système de chauffage céramique), contre 75 °C chez pratiquement tous les concurrents directs qui plafonnent à cette température. Les 20 buses du JetSpray Dryboard™ (10 de chaque côté) assurent une couverture uniforme des serpillières et un filtre central sépare les saletés de l’eau de lavage pour éviter les traces.
Le séchage à l’air chaud à 70 °C s’effectue en environ une heure. Le taux d’élimination des impuretés après lavage est annoncé à 99,9999 %, certifié par TÜV Rheinland sur quatre types de bactéries courantes (S. aureus, E. coli, C. albicans, K. pneumoniae).
Les réservoirs sont dimensionnés pour l’autonomie : 4 litres d’eau propre et 3,5 litres d’eau usée dans la station. De quoi couvrir plusieurs cycles (selon la surface d’opération) sans intervention.
Navigation LDS et 280 objets reconnus par l’IA
Le P70 Pro Ultra navigue par LDS (capteur laser) et combine un système de lumière structurée 3D monoculaire avec une vision RGB et des LEDs pour l’identification des obstacles. Il reconnaît plus de 280 types d’objets du quotidien (câbles, chargeurs, chaussures, jouets, modèles de déjections, plantes, canettes, rouleaux de papier, …) et adapte sa trajectoire en conséquence.
La fonction InfiniteEye™ Object Define Mode (disponible via une mise à jour OTA) permet même de lui apprendre à reconnaître des objets personnalisés depuis l’application, définir une distance de sécurité et déclencher un nettoyage ciblé sur une zone précise.
Le robot franchit des obstacles jusqu’à 2,2 cm de hauteur et ajuste automatiquement son comportement au passage sur tapis : levée des serpillières, boost d’aspiration et retrait complet du pad si le tapis est épais ou fragile.
Par rapport à la concurrence directe, MOVA tire son épingle du jeu sur la reconnaissance d’obstacles : 280 types identifiés contre 180 pour le Dreame L40s et les Roborock Qrevo Curv et Edge ne disposent pas du tout de cette fonction.
Le contexte concurrentiel : 699 €, est-ce vraiment intéressant ?
Le positionnement est honnête et assumé. À 699 euros (599 euros en ce moment), le P70 Pro Ultra se place largement en dessous de ses concurrents directs. Et il les surpasse sur plusieurs points techniques clés : puissance d’aspiration (30 000 Pa contre 17 000 à 21 000 Pa), vitesse de rotation des serpillières (260 tr/min contre 180 à 200 tr/min), pression descendante (12 N contre 6 à 7 N) et température de lavage de la station (100 °C contre 75 °C).
Ce que les modèles premium ont pour eux : l’Ecovacs T50 utilise un capteur DToF plus précis pour la navigation et le Dreame L40s embarque un double laser structuré avec laser latéral pour une meilleure détection en bord de meuble. Ce sont des détails qui comptent dans les configurations complexes avec beaucoup de mobilier.
MOVA est une jeune marque et n’a pas encore le track record de fiabilité sur le long terme que les acteurs établis ont accumulé. C’est le seul bémol réel à mentionner avant d’acheter. Mais sur la fiche technique pure, le rapport performance/prix est difficile à ignorer.
Le MOVA P70 Pro Ultra est disponible dès maintenant sur le site officiel MOVA, Amazon, Boulanger, Darty et Cdiscount.



