À 29,90 €, Leroy Merlin transforme la caméra connectée en achat impulsif

Caméra connectée IMOU dans un salon — gamme sécurité Leroy Merlin 2026
© Leroy Merlin

Il fut un temps, pas si lointain, où équiper sa maison d’un système de sécurité tenait du parcours du combattant.
Devis chez un installateur, abonnement à rallonge, perceuse en bandoulière et un câblage qui transformait le salon en zone de chantier. C’est précisément ce mur-là que Leroy Merlin vient de faire tomber avec sa nouvelle offre 2026 : une gamme complète de sécurité connectée où la caméra intérieure démarre à 29,90 €. Le prix d’un bon repas à deux.
Et c’est toute la promesse qui change : protéger son chez-soi devient un achat impulsif, pas un projet à budgétiser.

 

Quand la caméra rejoint les rayons du quotidien

29,90€ pour une caméra intérieure motorisée 2K signée EZVIZ ou IMOU. Posée comme ça, l’information paraît anodine. Sauf qu’elle marque un basculement. La caméra de surveillance n’est plus un produit semi-pro qu’on commande chez un spécialiste : elle s’attrape entre une boîte à outils et un pot de peinture, dans les rayons d’une enseigne fréquentée chaque week-end par des millions de Français.

Cette banalisation tarifaire n’a pas que des avantages, on va y revenir. Mais elle traduit une réalité du marché : la pression chinoise sur les prix (Tapo de TP-Link, IMOU, EZVIZ) a fait s’effondrer le ticket d’entrée. Là où une caméra Wi-Fi correcte coûtait 80 à 100€ il y a trois ans, on en trouve désormais à 30 € avec rotation motorisée, vision nocturne et application mobile. Leroy Merlin se contente de surfer sur cette vague mais il la rend visible auprès du grand public.

 

L’IA qui range les fausses alertes au placard

Le vrai changement ne se voit pas sur l’étiquette. Il est dans le firmware. Les caméras récentes intègrent désormais une couche d’intelligence artificielle capable de distinguer un livreur d’un proche, un chat, un branchage agité par le vent d’une silhouette suspecte. Pour qui a déjà subi quinze notifications par soirée parce qu’un papillon de nuit dansait devant l’objectif, c’est une vraie libération.

La reconnaissance faciale embarquée et la détection humaine PIR (présentes notamment sur la Tapo TC92 ou la gamme EZVIZ HB) filtrent en amont ce qui mérite ou non de faire vibrer votre poche. Couplée à l’autonomie solaire, qui fait disparaître la corvée du câble, cette intelligence transforme la caméra de gadget angoissant en outil de fond, que l’on oublie jusqu’au moment où il devient utile.

 

Une « bulle de sécurité » qui ressemble à un puzzle multi-marques

Leroy Merlin parle joliment de « bulle de sécurité » composée de caméras, alarmes, motorisations de portail et éclairages connectés. La promesse est séduisante : un écosystème complet, modulable et pilotable depuis le smartphone. La réalité est plus nuancée et il faut le dire honnêtement à celles et ceux qui s’apprêtent à craquer.

L’offre mélange en effet des marques concurrentes (IMOU, EZVIZ, Tapo, Ring, Somfy, …) qui ne partagent pas le même écosystème logiciel. Vous voulez voir vos caméras IMOU et votre alarme Ring dans une seule app ? Compliqué. La passerelle universelle reste Google Home, Alexa ou Apple Home pour les fonctions basiques (visualisation, déclenchement).

Pour les automatisations avancées, il faudra jongler entre trois ou quatre applications. Ce n’est pas un défaut propre à Leroy Merlin (c’est l’état du marché) mais le mot « écosystème » mérite ici quelques guillemets.

 

Vacances d’été : le bon prétexte, le bon moment ?

L’enseigne assume un pitch ouvertement saisonnier : 64 % des Français se disent inquiets en quittant leur domicile l’été et le mois d’août reste un pic de cambriolages. Le timing du communiqué, en avril, vise donc précisément le réflexe d’achat anticipé avant les départs. Stratégie commerciale parfaitement lisible.

Reste qu’à 29,90 € pour une caméra intérieure ou 99,90 € pour un kit alarme IMOU complet de cinq éléments, le ticket d’entrée n’a effectivement plus rien de dissuasif. Pour un foyer qui n’a jamais franchi le pas, c’est sans doute le moment ou jamais d’expérimenter. À condition de garder en tête qu’aucune caméra n’a jamais empêché un cambriolage à elle seule : elle dissuade, documente et alerte. La porte blindée et le voisin attentionné, eux, restent indétrônables.

Leroy Merlin ne révolutionne pas la sécurité connectée, il la met en rayon. Et c’est déjà beaucoup. Pour le grand public qui hésitait depuis des années entre Verisure et le système D, l’enseigne propose enfin une porte d’entrée claire, accessible et sans engagement.
Le seul vrai bémol concerne l’unité d’écosystème, encore largement perfectible. Si vous démarrez à zéro, mieux vaut choisir une seule marque (EZVIZ ou Tapo, par exemple) pour éviter le ballet d’applications. Sinon, foncez : la maison connectée a définitivement quitté le rayon geek.

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