Withings BeamO : le couteau suisse qui a du cœur

Test du MultiScan de santé connectée 4-en-1 BeamO de Withings

Test du MultiScan de santé connectée 4-en-1 BeamO de Withings

Souvenez-vous, lors du test de la ScanWatch, j’évoquais la médecine des 4P : Personnalisée, Préventive, Prédictive et Participative. Une médecine plus proche de l’individu, dont Withings s’est fait le porte-étendard tricolore.
Depuis la société d’Eric Carreel a continué de dérouler sa feuille de route avec une constance qui force le respect. Et voilà qu’elle nous propose aujourd’hui de ranger dans l’armoire à pharmacie familiale un thermomètre, un électrocardiogramme, un oxymètre et un stéthoscope… le tout dans un unique appareil à peine plus grand qu’une télécommande.

Son petit nom ? BeamO. Son titre officiel : MultiScan de santé avec la promesse de réaliser un bilan complet du cœur, des poumons et de la température en une minute chrono pour toute la famille.

Reparti du CES de Las Vegas avec trois récompenses sous le bras, ce drôle d’objet a de quoi intriguer. Gadget de geek hypocondriaque ou véritable trousse de premiers secours 2.0 ? Vous nous connaissez maintenant chez Winkco, on ne juge pas sur la mine (même bonne), on teste !

 

La quadrature du soin

Prenez le thermomètre Thermo, ajoutez l’ECG hérité du ScanWatch</strong> et saupoudrez le tout d’un stéthoscope numérique. Secouez délicatement et vous obtenez le BeamO.

Sur le papier, rien de révolutionnaire à l’unité puisque chacune de ces mesures existait déjà dans l’écosystème Withings. Tout l’art du BeamO réside dans la fusion de quatre instruments de grade médical au sein d’un seul et même objet pensé pour toute la famille.

Ce ne sont désormais plus votre poignet ni votre salle de bain les cibles mais l’armoire à pharmacie. Un appareil que l’on dégaine quand le petit dernier est fiévreux, quand la bronchite s’installe ou quand le cœur s’emballe sans raison apparente. Et qui, cerise sur l’ordonnance, se fait le compagnon idéal des téléconsultations.

Ce positionnement familial et « à la demande » distingue le BeamO de tous les objets connectés dédiés à la santé. On ne le porte pas, on le partage.

 

Une télécommande pour zapper les bobos

Au déballage, on retrouve la patte Withings : une boîte blanche minimaliste à mi-chemin entre la tech et le médical, l’appareil, une housse de rangement en tissu plutôt anecdotique, un câble USB-A vers USB-C pour la recharge (sans bloc secteur bien évidemment), un adaptateur USB-C vers mini-jack 3,5 mm (on y reviendra) et un guide de démarrage rapide.

Ce que l'on découvre en ouvrant la boîte du BeamO
Ce que l’on découvre en ouvrant la boîte du BeamO

Le BeamO en impose… par sa discrétion. Avec ces 13,6 cm de long pour 80 grammes, il se dote d’une coque en polycarbonate blanc mat qui rappelle immédiatement les tensiomètres de la marque. C’est sobre, propre, presque clinique. On est loin du gadget clinquant et c’est tant mieux.
La surface de l’appareil offre un écran couleur LCD non tactile (c’est à souligner) de 1,9 pouce entouré d’un bouton directionnel : le centre pour valider, le cercle extérieur pour naviguer dans les menus. Notez que l’affichage s’adapte selon que vous teniez l’appareil à l’horizontale ou à la verticale. Malin.

L'essentiel n'est pas la faculté de l'écran mais plutôt ce qu'il restitue.
L’essentiel n’est pas la faculté de l’écran mais plutôt ce qu’il restitue.

Soyons francs, cet écran ne brillera par sa définition (320 x 170 pixels) et sa lisibilité en plein soleil reste perfectible. Mais pour un appareil qui passera 90 % de sa vie dans un tiroir et sera principalement utiliser en intérieur, l’essentiel est ailleurs. L’écran sera systématiquement didactique et vous fournira toujours les instructions pour chaque mesure.

L'écran du BeamO vous guidera pour chacune de vos mesures
L’écran du BeamO vous guidera dans chacune de vos mesures

Faisons le tour du propriétaire. Sur une tranche, deux gâchettes en acier inoxydable font office d’électrodes pour l’ECG, celle de droite dissimulant le capteur optique dédié à la SpO2. À l’opposé, le port USB-C. Sur le côté, une petite cavité cylindrique abrite le capteur de température HotSpot de seconde génération. Enfin, une membrane en silicone protège le stéthoscope numérique et son capteur piézoélectrique. Elle évite au passage cette désagréable sensation de froid du stéthoscope traditionnel sur la peau.

Test du Withings BeamO, MultiScan de santé connectée 4-en-1
Les deux électrodes pour l’ECG

 

Installation : le syndrome de la blouse blanche attendra

Comme toujours chez Withings, la mise en route passe par l’application mobile (l’ex-Health Mate, rebaptisée sobrement Withings App). Comptez 5 petites minutes, mise à jour du firmware comprise : on sélectionne « Installer un appareil », on suit les étapes avec en premier lieu un apparaige, on renseigne le Wi-Fi et le tour est joué. Un petit tutoriel et des guides sont ensuite proposés pour la prise en main de l’appareil.

Ce Wi-Fi n’est d’ailleurs pas un caprice. Il permet au BeamO de synchroniser ses mesures sans smartphone à proximité. Vous pouvez prendre la température dans votre coin, les données remonteront toutes seules. Pour les foyers suréquipés, une version avec puce LTE existe même en option, pensée pour le suivi médical à distance.

Et puisque l’on parle de partage, c’est LE point fort du dispositif. BeamO gère jusqu’à 8 profils directement depuis l’appareil, enfants compris, ainsi qu’un mode invité pour dépanner la belle-mère de passage sans polluer vos historiques. Chacun ses courbes, chacun ses données. Dans une gamme où les objets étaient jusqu’ici très « personnels », ce virage familial fait un bien fou.

 

Chaud devant !

Commençons par la fonction la plus universelle : la température. Le BeamO reprend et améliore la recette du Thermo avec sa technologie HotSpot V2 qui détecte automatiquement l’artère temporale, le point le plus chaud du front.

Dans la pratique, on sélectionne l’icône appropriée, on balaye l’appareil à 2 cm du milieu du front vers la tempe en s’assurant que les cheveux se contrarient pas le passage et la mesure tombe sans contact en quelques secondes. Après 2 ou 3 essais pour apprivoiser le geste, c’est d’une simplicité déconcertante. Et surtout, ça ne réveille pas un enfant qui dort, argument massue s’il en est pour les jeunes parents.

La fonction thermomètre héritée du Withings Thermo
La fonction thermomètre héritée du Withings Thermo

Une précision toutefois car la technologie sans contact a ses règles du jeu. Il faut maintenir l’appareil à environ 2 cm du front, sans le coller à la peau. En trichant sur la distance, on peut observer des écarts allant jusqu’à un degré – de quoi transformer une fébricule en fausse alerte. Le geste s’apprend vite, mais dans le doute (ou avec un enfant qui gigote), nous conseillons d’exercer 2 ou 3 mesures successives pour chaque usage afin d’affiner au mieux la mesure et ainsi s’assurer d’une bonne température. Même prudence au retour d’une balade hivernale ou après un front transpirant, deux classiques qui perturbent n’importe quel thermomètre temporal.

Côté fiabilité, avec ces bons gestes, nos mesures croisées avec un thermomètre électronique classique se sont révélées parfaitement cohérentes. Withings revendique une détection de fièvre de qualité clinique et, sur ce terrain, l’héritage du Thermo se ressent.
Personnellement, il a suivi nos jumeaux sans faillir !

Le BeamO et son grand frère
Le BeamO et son grand frère

 

Le cœur a ses raisons que Beamo n’ignore pas

Passons aux choses sérieuses avec le duo ECG + SpO2. Placez vos index sur les deux électrodes et l’écran affiche en temps réel votre tracé cardiaque, accompagné d’un indicateur de pression. Le capteur de force intégré vous guide pour doser l’appui sur les électrodes, une attention typiquement « Withingsienne » qui évite bien des mesures ratées.

Enregistrement d'un ECG avec le Withings BeamO
Enregistrement d’un ECG avec le Withings BeamO

30 secondes plus tard, le verdict tombe. Vous disposez du rythme cardiaque, de la détection d’une éventuelle fibrillation auriculaire et saturation en oxygène, le tout résumé par une pastille de couleur qui parle à tout le monde. Et si vous êtes pressés, l’oxymètre seul délivre sa mesure en 15 secondes, pouls en prime.

Ayant longuement pratiqué l’ECG sur le BPM Core et la ScanWatch, je retrouve ici la même rigueur. Aucune mesure n’a été rejetée durant le test et on dispose de résultats cohérents entre eux et avec mes références habituelles. La fibrillation auriculaire étant l’arythmie la plus répandue au monde (et responsable d’une belle part des AVC), disposer d’un tel outil dans son tiroir n’a rien d’anecdotique.

Mieux, avec le service Cardio Check-Up (un bilan est offert à l’achat), votre enregistrement peut être analysé sous 24 heures par un cardiologue certifié, capable d’identifier plus de 15 types d’arythmies. On n’est plus dans le quantified self, on est dans le parcours de soin.

Gardons à l’esprit que le BeamO joue les vigies, pas les cardiologues. Son ECG à une seule dérivation n’a pas la finesse des 12 dérivations d’un examen en cabinet. Il est taillé pour repérer les premiers signes de fibrillation auriculaire, pas pour poser un diagnostic ni surveiller une affection cardiaque déjà identifiée. Si votre cœur fait l’objet d’un suivi médical, votre praticien reste le seul maître à bord. Autre évidence qu’il est bon de rappeler : la mesure est ponctuelle. Une FA paroxystique qui pointe le bout de son nez à 3 heures du matin passera entre les mailles du filet si vous ne mesurez qu’au petit-déjeuner. C’est ici que la régularité (et l’historique dans l’application) prend tout son sens.

 

Toubib or not toubib

Venons-en à la pièce maîtresse du marketing maison : le stéthoscope numérique. Posez la membrane en silicone contre votre poitrine (même par-dessus un t-shirt), laissez-vous guider par les indications de placement à l’écran et le capteur piézoélectrique enregistre les sons de votre cœur ou de vos poumons. Branchez un casque filaire (via l’adaptateur jack fourni, les écouteurs Bluetooth et USB-C ne sont pas de la partie) et vous voilà en écoute directe de votre petit moteur interne. Effet waouh garanti, je vous le concède volontiers.

Le stéthoscope numérique du Withings BeamO à l'écoute
Le stéthoscope numérique du Withings BeamO à l’écoute

C’est aussi la fonction la plus déroutante pour le commun des mortels. D’abord parce qu’il faut un environnement vraiment calme pour obtenir un enregistrement propre. Ensuite parce que les points d’écoute demandent un peu de gymnastique : on se surprend à confondre sa gauche et sa droite en regardant l’écran comme un miroir et certaines zones du dos relèvent de la contorsion sans l’aide d’un proche. Enfin et surtout, parce que l’appareil n’interprète rien : pas de pastille verte ou rouge ici, il réalise uniquement un enregistrement.

Avant d'écouter son coeur ou ses poumons
Avant d’écouter son coeur ou ses poumons

J’ajoute que sans oreille exercée, difficile de savoir si ce que l’on entend est un souffle suspect ou une respiration parfaitement banale. Le néophyte que je suis a écouté son cœur avec fascination… et une totale incapacité à en tirer la moindre conclusion.

Est-ce un défaut ? Pas vraiment, c’est assumé. Ce stéthoscope n’est pas là pour jouer au docteur mais pour enregistrer et partager. Un enfant asthmatique, une bronchite chronique, un souffle à surveiller… les sons capturés au fil du temps constituent un historique précieux que seule votre médecin saura décrypter.
En attendant, qui sait, une future interprétation par IA que Withings serait bien inspiré de nous concocter.

 

La téléconsultation dont vous êtes le héros

C’est ici que toutes les pièces du puzzle s’assemblent. Toutes les mesures (tracés ECG, températures, SpO2, enregistrements sonores) sont centralisées dans l’application Withings, toujours aussi exemplaire dans la restitution et l’interprétation didactique des données. Sur ce terrain, dix ans après mes premiers tests de la marque, personne n’a encore fait mieux.

Les enregistrements du BeamO centralisées dans l'application Withings
Les enregistrements du BeamO centralisées dans l’application Withings

L’application permet de générer un rapport PDF complet prêt à être envoyer à votre médecin traitant, enrichi des données de vos autres appareils Withings si vous êtes équipé (Sleep Analyzer, montre, tensiomètre…). Et pour les adeptes de la téléconsultation, la fonction HealthLink autorise votre praticien à consulter vos mesures en temps réel sur un tableau de bord pendant que vous vous auscultez à distance.

Les mesures du BeamO centralisées dans l'application Withings
Les mesures du BeamO centralisées dans l’application Withings

Prendre la température, écouter les poumons, vérifier la saturation pendant que le médecin observe en direct : on touche du doigt ce que la télémédecine promettait depuis des années sans jamais vraiment le tenir. Le Dr Escourrou, conseiller médical de la marque, parle de « couteau suisse médical ». Pour une fois, la formule marketing n’est pas usurpée.

 

Huit mois sans passer par la case recharge

Sur le chapitre de l’autonomie, Withings reste fidèle à sa réputation de chamelier : 8 mois d’autonomie annoncés pour une recharge complète en une heure via USB-C.

Une autonomie gargantuesque de 8 mois
Une autonomie gargantuesque de 8 mois

Impossible évidemment de vérifier une telle endurance sur la durée d’un test (ceci dit on mettra à jour le test), mais après plusieurs semaines d’utilisation familiale soutenue, la jauge n’a pratiquement pas bronché. La philosophie est limpide : un appareil que l’on oublie dans l’armoire à pharmacie et qui répond présent le jour J, sans vous accueillir avec une batterie à plat quand fiston affiche 39° de fièvre à 3 heures du matin.

Petit bémol tout de même : l’écran se met en veille un peu trop promptement et il faudra composer avec les traces de doigts sur la surface noire brillante. Il faut bien chipoter !

 

Les petits plus et le gros prix

Dans la colonne des attentions sympathiques, notons la prise en main immédiate par tous les membres de la famille, ados comme grands-parents. Le bouton directionnel unique ne laisse aucune place au doute et enfin la compatibilité Apple Santé et Health Connect ravira les agregateurs. Le stockage en ligne des données de santé est illimité et gratuit, comme toujours chez Withings.

Reste l’éléphant dans le cabinet médical : 249,95€. Oui, c’est le prix de quatre appareils en un et l’addition de leurs équivalents séparés serait plus salée. Mais c’est aussi 12 fois le prix d’un thermomètre électronique qui couvrira le besoin principal de bien des foyers. Ajoutez l’abonnement Withings+ (9,95 €/mois, optionnel) pour tirer la quintessence du Cardio Check-Up et le ticket d’entrée se réserve clairement aux familles investies dans leur suivi santé ou concernées par une pathologie chronique, cardiaque ou respiratoire, auquel cas le calcul change du tout au tout.

 

Conditions de test : Produit gracieusement fourni par Withings, ausculté sous toutes ses coutures (et celles de toute la famille, consentante)
Test du MultiScan de santé connectée 4-en-1 BeamO de Withings
Withings BeamO : le couteau suisse qui a du cœur
Aux petits soins pour toute la famille ?
Cheers !

Avec ce BeamO, Withings réussit une synthèse que l'on n'attendait plus : réunir l'essentiel de dix ans d'innovations santé dans un objet familial, simple et diablement bien exécuté.

Thermomètre irréprochable, ECG et oxymètre d'une rigueur clinique, application toujours au sommet : le socle est en béton. Le stéthoscope, lui, ne révélera son plein potentiel qu'entre les mains de votre médecin - c'est sa vocation, mais le grand public restera sur sa faim en solo.

À 249,95 €, le BeamO n'est pas un achat d'impulsion. C'est un investissement, pertinent pour les familles nombreuses, les patients chroniques et les convertis de la téléconsultation.
Pour eux, c'est peut-être bien l'objet de santé connectée le plus utile jamais conçu par la marque.
Rien que ça.
Installation
Prise en main
Design
Ergonomie
Fonctionnalités
Autonomie
Application Mobile
Les plus
L'appareil 4 en 1
La simplicité d'utilisation le rend accessible à toute la famille (de 7 à 77 ans)
La rapidité des mesures et leur fiabilité
La synchronisation en Wi-Fi
L'application mobile toujours aussi irréprochable
Une autonomie de chameau
Un objet d'avenir, taillé pour la téléconsultation
Les moins
Le prix : 249€
Le stéthoscope muet en interprétation pour le grand public
L'écran perfectible
Le stéthoscope numérique a ses limites, couplons-le vite avec de l'IA
4.6

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