Paperslate : l’ex-Bookeen repart à l’assaut, carnet sous le bras

Tablette e-ink Paperslate Pro utilisée pour la prise de notes avec son stylet
© Paperslate

Souvenez-vous de Bookeen, ce pionnier tricolore de la liseuse qui a longtemps tenu tête aux géants avant de se faire avaler par plus gros. Son cofondateur, Michael Dahan, aurait pu raccrocher les gants. Au lieu de ça, il a remis une pièce dans la machine et lancé Paperslate fin 2024, avec son fils Ruben aux commandes du marketing. Une affaire de famille, donc, et une vraie revanche.
Dix-huit mois plus tard, le bloc-notes numérique parisien ne se contente plus de l’Hexagone. Il file vers le Benelux et le reste de l’Europe, avec une ambition qui ne s’embarrasse pas de fausse modestie : devenir le leader européen du carnet connecté d’ici deux ans. Rien que ça.

 

Un carnet qui passe les frontières

Les deux tablettes maison, la Paperslate et la Paperslate Pro, débarquent désormais sur les marketplaces du Benelux : Rakuten, CDiscount, Bol et la FNAC Belgique. L’interface parle désormais six langues, du français à l’espagnol en passant par le néerlandais et l’allemand, histoire de ne froisser personne sur le Vieux Continent.

Pour une jeune marque familiale, attaquer simultanément plusieurs pays relève du pari osé. Les ténors du secteur, l’américain Kindle Scribe et le néerlandais reMarkable en tête, ont des moyens autrement plus costauds. Mais Paperslate avance avec un argument que les gros ont parfois oublié en route : la simplicité, sans abonnement caché ni fonction bridée.

Paperslate Pro, bloc-notes numérique français à écran e-ink
© Paperslate

 

La feuille de papier version 2.0

Sous le classeur, la promesse n’a pas changé depuis le lancement. Un écran e-ink de dix pouces restitue la sensation du stylo sur le papier, ménage les yeux et tient une bonne semaine sur une seule charge.
Le stylet fourni grimpe à 4 096 niveaux de pression, embarque une gomme intégrée et deux types de mines, histoire de retrouver le geste naturel de l’écriture à la main.

Le tout pèse 400 grammes sur la balance, soit le poids d’un petit carnet bien rempli. La version Pro ajoute une étanchéité IPX8 (une rareté dans cette gamme de prix), un rétroéclairage réglable en température et 64 Go de stockage – contre 32 Go pour le modèle d’entrée. Détail appréciable : la mémoire est extensible jusqu’à 256 Go via un slot micro-SD, une jolie pierre dans le jardin des concurrents biberonnés au cloud payant.

Paperslate Pro, bloc-notes numérique français à écran e-ink
© Paperslate

 

L’IA qui déchiffre vos pattes de mouche

Voilà le morceau le plus bluffant. Paperslate embarque un moteur de transcription dopé à l’IA, capable de convertir vos gribouillis manuscrits en texte numérique propre, éditable et partageable en quelques secondes.
Schémas esquissés à la volée, tableaux remplis, équations alambiquées : tout se transforme en contenu structuré, prêt à filer dans un mail.

Mieux, l’export se fait en DOCX ou en PDF, là où la concurrence se cantonne souvent au seul PDF. Comme l’appareil tourne sous Android avec accès au Google Play Store, le partage vers Drive, OneDrive ou la messagerie se fait sans détour. La récente mise à jour v1.85 a d’ailleurs ajouté la sauvegarde automatique, ce petit filet de sécurité dont on ne mesure l’importance que le jour où l’on perd ses notes.

Transcription IA des notes manuscrites en document DOCX sur Paperslate
© Paperslate

 

Le prix de l’ambition

Reste la note finale : 349,99 € pour la Paperslate, 429,99 € pour la Pro. Un ticket d’entrée qui se défend face aux références du marché, surtout au vu de l’étanchéité et de la transcription IA embarquées.
Les deux modèles sont déjà disponibles sur paperslate.io, mais aussi chez Amazon, LDLC, Boulanger, Rakuten, CDiscount et Bol.

L’histoire est belle : un ancien de Bookeen qui repart au combat, une boîte familiale française décidée à jouer dans la cour des grands européens et un produit déjà salué par la presse spécialisée pour son toucher papier réussi. L’objectif de leadership en deux ans reste, lui, osé face à des rivaux solidement installés. On surveillera de près si le petit poucet tricolore tient la distance mais on en doute pas.

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