Vous connaissez peut-être cette réunion en visio où l’on parle à une mosaïque de vignettes, micro coupé, caméra hésitante, en attendant poliment son tour. La spontanéité d’un échange de couloir, elle, reste désespérément coincée de l’autre côté de l’écran. la Vitre, une entreprise française née entre Paris et Nantes, prend le problème à rebours. Son pari : un écran vertical à taille humaine, allumé en permanence, sur lequel il suffit de toquer pour se retrouver face à un collègue distant. À l’occasion de Vivatech, qui se tient à Paris du 17 au 20 juin, la marque dégaine deux annonces qui changent la donne pour les entreprises tentées par l’expérience.
D’un côté, une formule sans engagement à partir de 500 euros par mois. De l’autre, une certification ISO 27001 en cours d’obtention. Deux nouvelles qui visent un même objectif, lever les freins à l’adoption.
Toquer sur l’écran plutôt que caler un créneau
Le concept de la Vitre tient en un geste familier. Plutôt que de programmer un énième rendez-vous, vous toquez littéralement sur l’écran tactile pour interpeller la personne en face, où qu’elle se trouve dans le monde. L’idée vient de loin : la solution a été imaginée au sein de l’agence digitale nantaise UCAYA, qui cherchait à fluidifier les échanges entre ses équipes dispersées, avant de devenir un produit à part entière en 2019.
Concrètement, le dispositif combine un grand écran tactile vertical, une caméra, des micros, une barre de son et un ordinateur compact qui orchestre le tout. Le format n’a rien d’anodin : avec une dalle pouvant grimper jusqu’à 86 pouces et une hauteur proche de celle d’un être humain, l’interlocuteur apparaît à l’échelle 1, debout, dans une présence que les vignettes classiques ne reproduiront jamais. Pensée pour rester branchée en continu dans un lieu de passage, la Vitre joue la carte de la rencontre impromptue, celle qui fait souvent défaut au télétravail.
Une suite logicielle qui en a sous le capot
Derrière le geste simple se cache une plateforme assez complète, elle aussi développée par UCAYA. Au-delà de la connexion instantanée en duplex, la Vitre permet le partage de documents et le travail collaboratif sur des projets communs. Elle intègre également une traduction et un sous-titrage en direct, appuyés sur les services de Microsoft Azure, de quoi gommer la barrière de la langue lors d’échanges internationaux.
Un détail séduira les plus soucieux de leur intimité : le mode confidentiel, qui opacifie l’écran à la manière d’une vitre fumée lorsqu’on souhaite préserver une conversation. Sur le terrain, la solution se décline en plusieurs tailles d’écran, de 65 à 86 pouces, montées sur un pied mobile conçu et fabriqué en France. Un ancrage hexagonal que la marque met volontiers en avant, surtout à l’heure où la souveraineté numérique est dans toutes les têtes.
La sécurité comme argument de vente
C’est sans doute le nerf de la guerre pour la Vitre et la raison d’être de sa seconde annonce. L’entreprise indique être en cours de certification ISO 27001, la norme internationale de référence en matière de sécurité de l’information. Une démarche qui, au-delà du tampon officiel, vient confirmer un niveau de maturité industrielle déjà éprouvé.
Car la Vitre ne part pas de zéro sur ce terrain. La marque revendique les succès d’audits des responsables de la sécurité informatique de grandes organisations réputées intransigeantes, citant notamment Safran et Chanel. Selon ses chiffres, le dispositif compterait plus de 350 installations actives dans plus de 80 entreprises clientes à travers le monde, des maisons de couture et leurs façonniers jusqu’aux acteurs de la santé et de l’hôtellerie. Pour une société d’à peine quelques années d’existence, la trajectoire a de quoi impressionner.
Une robe créée en direct, l’argument qui parle à la haute couture
Plutôt qu’une énième démonstration technique, la Vitre a choisi d’incarner sa promesse par une performance. Sur son stand, la créatrice Claire Châtaigner, surnommée la Dame à l’épingle, donnera vie à une robe en public le jeudi 18 juin à 11 heures, en liaison directe avec son atelier parisien via la Vitre. Le geste a de quoi marquer les esprits : la robe naît d’un seul lé de dentelle Sophie Hallette, jamais coupé, simplement épinglé, dans une improvisation totale.
Derrière le spectacle, une vraie adoption. Sa maison de couture, Haute Mesure, retient désormais la Vitre pour recevoir sa clientèle exclusive entre Londres et Paris, des premiers rendez-vous jusqu’aux essais successifs. L’enjeu est de taille dans un métier où le toucher et l’œil font foi : la créatrice peut montrer les matières et les finitions en haute définition, annoter des croquis en direct et partager des fiches techniques dans un cadre confidentiel. Prestataire exclusive du Bon Marché Rive Gauche et de Harrods, Claire Châtaigner parle même d’une révolution silencieuse, où la technologie sait enfin se faire oublier. Pour la Vitre, qui revendique déjà trois maisons françaises adeptes et une quinzaine de leurs façonniers à l’international, ce terrain de la mode haut de gamme est clairement devenu une vitrine de choix.
Reste la barrière la plus concrète : le prix. Jusqu’ici, s’équiper d’une Vitre supposait un investissement matériel et un engagement dans la durée, de quoi refroidir les curieux. La nouveauté présentée à Vivatech change l’approche, avec une formule sans engagement minimum à partir de 500 euros par mois, tout compris, écran et suite logicielle inclus.
L’intention est limpide : permettre aux entreprises d’expérimenter la techno sans signer pour des années. À ce tarif, la Vitre ne s’adresse évidemment pas au télétravailleur isolé, mais aux organisations qui veulent fluidifier la collaboration entre sites, ateliers ou bureaux internationaux. La vraie question, celle qu’aucun communiqué ne tranchera, reste l’usage réel au quotidien : la magie du « toc-toc » survit-elle une fois la nouveauté passée ? Pour s’en faire une idée, la Vitre tient stand au hall 7 de Vivatech jusqu’au 20 juin, avec la performance à l’épingle de Claire Châtaigner en point d’orgue le jeudi 18 à 11 heures. À voir sur place, idéalement en toquant soi-même.



