Ray-Ban Meta : les lunettes connectées qui explosent les compteurs

Les lunettes connectées Ray-Ban Meta connaissent un succès massif avec 20 millions d'unités en production
©Meta

Souvenez-vous des Google Glass et de leur flop monumental. Les lunettes connectées étaient devenues un running gag dans la tech.

Mais voilà que Meta prouve que personne n’avait la bonne recette. Les Ray-Ban Meta cartonnent tellement qu’il faut doubler la production, de 10 à 20 millions d’unités. Analyse d’un succès qui redistribue les cartes.

 

Quand les listes d’attente s’allongent jusqu’en 2026

C’est le genre de problème que toutes les marques rêvent d’avoir : trop de demande.
Meta et EssilorLuxottica envisagent sérieusement de doubler leur capacité de production des Ray-Ban Meta. On passe de 10 millions à 20 millions d’unités par an. Pas mal pour un produit lancé il y a à peine quelques mois.
Et le plus fou ? Malgré cette production massive, les listes d’attente s’étirent désormais jusqu’à la fin de l’année 2026.
Commandez aujourd’hui, recevez dans un an. Un délai qui rappelle les plus beaux jours de l’iPhone ou de la Tesla Model 3.

Qu’à cela ne tienne, ce succès n’est pas le fruit du hasard. Meta a tiré toutes les leçons de l’échec cuisant des Google Glass.
Finies les allures de cyborg maladroit, place à des vraies Ray-Ban qui se fondent dans votre quotidien.

Les lunettes connectées Ray-Ban Meta connaissent un succès massif avec 20 millions d'unités en production
©Meta

 

Le secret ? Des lunettes presque normales

L’erreur de Google a été de réinventer les lunettes. Plus malin, Meta a misé sur un partenariat avec le mastodonte mondial de la lunetterie EssilorLuxottica. Ainsi vous retrouverez des Ray-Ban Wayfarer ou Aviator classiques, auxquelles on a greffé de l’électronique.
À l’œil nu, la ressemblance avec leurs cousines non connectées est à s’y méprendre. A l’intérieur, c’est une autre histoire. Les lunettes se dotent de Caméras discrètes, micros, haut-parleurs et surtout d’une intelligence artificielle qui vous assiste dans vos tâches quotidiennes.

Les lunettes connectées Ray-Ban Meta connaissent un succès massif avec 20 millions d'unités en production
©Meta

Dévoilées fin 2025, les dernières Ray-Ban Display Gen 2 vont encore plus loin. Elles embarquent désormais un mini-écran pouvant afficher vos messages, vos appels vidéo, vos photos ou encore les réponses de l’IA de Meta. Tout ça directement dans votre champ de vision, sans avoir à dégainer votre smartphone.

Sous la monture, les Gen 2 muscle le jeu : caméra 12MP filmant en 3K à 30 fps (ou 1080p à 60 fps), cinq micros avec suppression de bruit, et surtout une autonomie doublée à 8 heures d’utilisation — le boîtier ajoutant 48 heures de réserve et une charge rapide à 50% en 20 minutes. Le processeur Qualcomm Snapdragon AR1 Gen1 propulse l’ensemble, avec bien évidemment une certification IPX4 contre les éclaboussures.

 

La bataille des géants fait rage

Si Meta fait carton plein, c’est aussi parce que la concurrence ne s’avoue pas vaincue. Google, échaudé par son premier essai raté avec les Glass, revient dans l’arène. Et cette fois, le géant de Mountain View joue la carte de l’écosystème.

Google s’est allié avec Xreal, une licorne chinoise. Ensemble, ils planchent sur des lunettes connectées tournant sous Android XR, le nouveau système d’exploitation de Google dédié à la réalité étendue.
Xreal, qui a déjà écoulé plus de 350 000 unités, vient également de dévoiler des lunettes gaming en 240 Hz en partenariat avec Asus ROG. Autant dire que le marché se structure et se segmente à vitesse grand V.
Notez qu’Apple rôde aussi dans les parages. Les rumeurs d’Apple Glass ne faiblissent pas, et après le lancement mitigé du Vision Pro, la pomme chercherait justement à proposer quelque chose de plus léger et mieux intégré à notre quotidien. La bataille des lunettes connectées ne fait que commencer.

 

Pourquoi ça marche enfin ?

Trois raisons peuvent expliquer l’engouement actuel pour les lunettes connectées, là où Google avait peut-être trop précurseur il y a dix ans.

D’abord, l’IA a fait des bonds de géant. Les assistants intégrés ne se contentent plus de chercher la météo. Ils traduisent en temps réel, identifient des objets, répondent à des questions complexes et s’adaptent à votre contexte. L’utilité est enfin au rendez-vous et le gadget perçu comme tel il y a encore quelques années, n’en est plus un.

Ensuite, le design. Exit les prototypes disgracieux. Les Ray-Ban Meta ressemblent à… des Ray-Ban. Point. Vous pouvez les porter au bureau, au resto ou en soirée sans passer pour un extraterrestre. L’acceptabilité sociale est l’une des portes du succès.

Enfin, l’autonomie et la discrétion ont progressé. Les Google Glass clignotaient comme un sapin de Noël et tenaient à peine deux heures. Les Ray-Ban Meta tiennent la journée et restent sobres dans leur fonctionnement. La LED d’enregistrement s’allume quand vous filmez, histoire de respecter la vie privée de votre entourage.

 

Les fonctionnalités qui changent la donne

Pourquoi un tel engouement ? Pas mal de choses, en fait.
Vous pourrez filmer et prendre des photos en mains libres. Pratique pour capturer un moment sans sortir votre smartphone. L’IA de Meta peut aussi analyser ce que vous voyez en temps réel. Vous pointez un panneau en langue étrangère ? La traduction s’affiche instantanément.

La fonction « Conversation Focus » récemment annoncée permet de vous concentrer sur la voix de votre interlocuteur dans un environnement bruyant. En soirée bondée, vos lunettes isolent la voix de la personne en face de vous. Bluffant.

Mieux, les Ray-Ban Display peuvent afficher vos notifications sans que vous ayez à regarder votre téléphone. Message, appel, rappel de calendrier… tout apparaît discrètement dans un coin de votre vision. De quoi rester connecté sans être constamment le nez sur un écran.

 

2026, l’année des lunettes connectées ?

Tous les signaux sont au vert pour que 2026 marque un tournant. Meta double sa production. Google ressuscite sur le segment avec Xreal et son projet Aura. Apple prépare ses propres lunettes dans l’ombre. Et une dizaine de startups plus petites tentent leur chance sur ce marché naissant.

Le cabinet d’analystes IDC prévoit que les ventes de lunettes connectées pourraient atteindre 15 millions d’unités en 2026, soit le triple de 2025. Un chiffre encore modeste comparé aux 163 millions de montres connectées vendues chaque année, mais la trajectoire est là.
Ce qui change aussi, c’est la perception. Il y a cinq ans, porter des lunettes connectées vous rangeait dans la catégorie « geek bizarre ». Aujourd’hui, c’est presque cool. Les influenceurs tech les arborent, les early adopters en parlent avec enthousiasme et le grand public commence à s’y intéresser sérieusement.

 

Quand le succès attire les procès

Un grain de sable vient gripper la belle mécanique. Le 23 janvier 2026, Solos Technology, un fabricant hongkongais de lunettes connectées, a assigné Meta et EssilorLuxottica devant le tribunal fédéral du Massachusetts pour violation de brevets. Solos réclame « plusieurs milliards de dollars » de dommages et intérêts.
L’accusation est lourde. Solos affirme que les Ray-Ban Meta violent au moins cinq de ses brevets couvrant des technologies essentielles aux lunettes connectées. La facture est lourde, on parle de détection multimodale, traitement audio, fusion de capteurs, détermination du contexte et architecture système pour interaction en temps réel.

Solos prétend que Meta et EssilorLuxottica connaissaient ses technologies depuis des années. Dès 2015, des employés d’Oakley (filiale d’EssilorLuxottica) auraient eu accès aux prototypes Solos. En 2019, un cadre dirigeant aurait même reçu une paire commerciale pour tests. EssilorLuxottica aurait multiplié les réunions avec Solos en 2017.

Notez que Solos possède plus de 100 brevets et demandes de brevets dans ce domaine. Malheureusement pour eux, leurs propres produits AirGo ne cartonnent pas vraiment. Les avis Amazon sont majoritairement négatifs et le service client fait l’objet de nombreuses plaintes. Une situation qui contraste violemment avec le succès des Ray-Ban Meta.
Ce procès s’inscrit dans une vague croissante de litiges sur les lunettes connectées. Début janvier, Xreal a poursuivi son concurrent Viture aux États-Unis. Le marché se structure, les brevets deviennent des armes stratégiques. Bienvenue dans l’âge adulte des smart glasses.

 

Et les limites dans tout ça ?

Au-delà des questions juridiques, tout n’est pas rose au pays des smart glasses. L’autonomie, bien qu’améliorée, reste limitée. Comptez une journée dans le meilleur des cas, moins si vous sollicitez beaucoup l’IA ou la caméra.
Le prix aussi peut refroidir. Les Ray-Ban Meta s’affichent entre 300 et 450€ selon le modèle et leur génération. Une rondelette somme pour des lunettes, même si ça reste abordable pour de la tech connectée.

Et puis il y a cette question qui fâche : la vie privée. Même avec une LED qui s’allume lors des enregistrements, comment être sûr que la personne en face ne vous filme pas discrètement ? Meta assure que des garde-fous sont en place, mais le débat reste ouvert.

Enfin, l’usage quotidien soulève des interrogations. Avez-vous vraiment besoin de notifications dans votre champ de vision en permanence ?
Ne sommes-nous pas déjà assez sollicités par nos smartphones ?

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