Il y a quelque chose de jouissif à regarder un mastodonte débarquer dans une niche tranquille avec ses gros sabots.
C’est exactement le spectacle que nous offre Google depuis le 7 mai dernier en proposant son tout nouveau Fitbit Air, un bracelet d’activité sans écran à seulement 99,99 euros.
IL vient frontalement marcher sur les plates-bandes de Whoop, l’enfant chéri des sportifs branchés qui facture jusqu’à 359 euros par an pour à peu près le même service.
Ce Fitbit Air est tout petit, à peine visible au poignet et pourtant il pourrait bien faire trembler tout un segment du marché.
Un bracelet connecté qui s’efface
Sur le papier, le Google Fitbit Air ne fait pas dans la grandiloquence. Pas d’écran, pas de boutons criards, juste une petite gélule discrète accrochée à un bracelet en silicone.
Annoncé par Google comme « 25 % plus petit que le Fitbit Luxe et 50 % plus petit que l’Inspire 3 », il se positionne ouvertement contre les wearables jugés trop encombrants, trop complexes ou trop chers.
A l’heure où les montres connectées rivalisent de capteurs et d’écrans AMOLED gigantesques, Fitbit prend délibérément le contre-pied. Pas d’affichage, pas de distraction, pas de notifications qui font vibrer le poignet toutes les trente secondes. Le credo de la marque, gravé sur la page produit du Google Store, tient en une formule : « Conçu pour rester silencieux à votre poignet sans interrompre votre rythme, ni votre style ».
Bref, vous le portez, vous l’oubliez et il bosse pour vous en arrière-plan. Une semaine d’autonomie est annoncée, une étanchéité confirmée pour le sport et la transpiration, des bracelets interchangeables en silicone, tissu sport ou métal façon mesh et un poids plume censé se faire oublier la nuit comme au bureau.
Sérieux malgré la discrétion
Sous le capot, Fitbit n’a pas non plus joué les radins. Le bracelet propose un suivi continu 24h/24 et 7j/7 de la fréquence cardiaque, de la variabilité cardiaque, de la fréquence respiratoire, de l’oxygène sanguin (SpO2), ainsi que la détection des troubles du rythme avec alerte de fibrillation auriculaire.
Le suivi du sommeil va plus loin que la simple durée : score de sommeil, rythme, phases (léger, paradoxal, profond), tout y passe.
Au sujet des activités, on retrouve les classiques bien rodés par Fitbit depuis dix ans : pas, calories, distance, charge cardiaque, niveau d’aptitude. Vous pouvez aussi logger manuellement votre poids, votre alimentation, votre humeur ou vos cycles menstruels dans l’app.
Notez que toutes ces données transitent désormais par la nouvelle application Google Health remplaçant ainsi l’app Fitbit historique. Si vous aviez déjà l’app Fitbit installée, elle se transformera automatiquement en Google Health à la prochaine mise à jour. La continuité de service est assurée, même si certains regretteront sans doute la disparition d’une marque iconique au profit du grand frère Google.
Un coach IA propulsé par Gemini
Le vrai pari de Google avec ce Fitbit Air, ce n’est pas le hardware, qui reste somme toute classique. C’est le logiciel, plus précisément le Google Health Coach, un coach virtuel conçu avec Gemini et disponible via l’abonnement Google Health Premium.
Transmettez-lui vos objectifs, votre niveau, vos contraintes (pas de sport le mardi, mal au genou gauche, marathon dans trois mois) et il vous construit des programmes d’entraînement personnalisés qui s’ajustent à mesure que vous avancez.
Il vous explique pourquoi la nuit dernière n’a pas été bonne, vous suggère de déplacer l’horaire du coucher de quinze minutes, vous alerte si vos tendances cardiaques décrochent. Le tout en langage humain, pas en graphiques cryptiques.
Trois mois d’abonnement Google Health Premium sont offerts avec l’achat du bracelet. Au-delà, il faudra mettre la main au portefeuille pour conserver l’accès au coach et aux séances de pleine conscience, méditations et bibliothèque d’entraînements vidéo. Google n’a pas encore communiqué le tarif définitif de cet abonnement en France mais on imagine un positionnement bien inférieur à celui de Whoop.
Whoop sur la défensive et c’est compréhensible
À peine le Fitbit Air dévoilé, Whoop a publié dans la foulée un post Reddit pour annoncer en urgence une feuille de route de nouvelles fonctionnalités, suivi d’une vidéo verticale du CEO sur les réseaux sociaux, puis d’un message un brin passif-agressif sur X. Bref, panique à bord chez la marque qui régnait depuis dix ans sur la niche du bracelet sans écran à abonnement.
Il faut dire que l’attaque est frontale. Whoop facture entre 199 et 359 dollars par an, hardware inclus mais inutilisable sans abonnement.
Fitbit Air, c’est 99,99 euros à l’achat, avec une app de base utilisable sans frais récurrents. L’abonnement Premium devient optionnel, pas obligatoire. Pour beaucoup de candidats au bracelet sans écran, l’arbitrage va vite être tranché.
Disponibilité et bons plans
Le Google Fitbit Air est disponible en précommande dès maintenant sur le Google Store français ou sur Amazon au prix de 99,99 euros ou en trois mensualités de 33,33 euros. Les premières livraisons commenceront le 26 mai. Quatre coloris au lancement : Noir Volcanique, Bleu Ciel, Corail et Porcelaine avec des bracelets interchangeables vendus séparément.
Petite attention sympathique de Google : jusqu’au 31 mai, l’achat du bracelet ouvre droit à un crédit Google Store de 45 euros, à utiliser sur l’achat d’un bracelet de rechange. Une façon assez maligne de pousser à customiser son accessoire dès le premier jour.
Google vient de lancer un sacré pavé dans la mare du wearable haut de gamme. Si le coach IA tient ses promesses sur la durée et si l’autonomie d’une semaine se confirme à l’usage, le rapport qualité-prix sera tout simplement écrasant face à la concurrence.
Reste à voir si l’écosystème français suivra et si Google saura tenir le rythme des mises à jour sans transformer son service Premium en énième usine à gaz. On a hâte d’enfiler le bracelet pour vérifier tout ça.




