Vous pensiez que Meta se contenterait de poser des caméras sur vos lunettes ?
Qu’à cela ne tienne, le groupe de Mark Zuckerberg vient de ressusciter un projet que tout le monde croyait enterré : une montre connectée Meta. Nom de code : Malibu 2.
Au programme rien de bien original : du suivi santé, un assistant IA intégré et surtout l’ambition de venir chatouiller l’Apple Watch sur son propre terrain. Après le carton des Ray-Ban connectées, Meta souhaiterait désormais passer du nez au poignet. Et cette fois, cela semble sérieux.
Une smartwatch Meta : le retour du fantôme de 2022
L’histoire commence en 2021 quand Meta (encore Facebook à l’époque) dévoile en interne un prototype de montre connectée équipée de trois caméras.
Le dispositif devait se décliner en plusieurs versions et fonctionner sous une variante d’Android.
Mais en 2022, douche froide. Mark Zuckerberg décrète son « année de l’efficacité » et taille dans les budgets de Reality Labs, la division qui engloutit des milliards sans jamais vraiment en rapporter. La montre passe à la trappe, sacrifiée sur l’autel des économies. Reality Labs, rappelons-le, a cumulé plus de 50 milliards de dollars de pertes depuis 2020.
Le genre de chiffre qui donne le vertige, même quand on s’appelle Meta.
Et pourtant, le projet vient de ressurgir. D’après The Information, qui cite des sources internes, la Malibu 2 serait en développement actif avec un lancement prévu pour fin 2026, potentiellement lors de la Meta Connect en septembre.
Meta AI au poignet : le vrai argument de vente
Si les fonctions de suivi santé semblent au rendez-vous (fréquence cardiaque, activité, sommeil, les classiques du genre en somme), ce n’est pas ces metrics que Meta compte faire la différence. Le véritable atout de la montre connectée Malibu 2 serait l’intégration de Meta AI, l’assistant maison propulsé par les modèles Llama.
Concrètement, on parle de notifications prédictives, de conseils de santé en temps réel et d’interfaces conversationnelles capables d’interagir avec vos comptes Instagram, Facebook et WhatsApp. Là où l’Apple Watch reste essentiellement une extension de l’iPhone, Meta imagine sa montre comme un hub IA portatif, un petit cerveau au poignet qui anticipe vos besoins au lieu de simplement y répondre.
Un pari audacieux. Gageons que l’IA de Meta soit suffisamment aboutie pour tenir cette promesse au quotidien.
Compatible iOS ET Android : le coup de maître ?
Autre détail qui a son importance : la Malibu 2 serait compatible à la fois avec iOS et Android. Un choix stratégique malin quand on sait que l’Apple Watch ne fonctionne qu’avec un iPhone et que la Galaxy Watch privilégie l’écosystème Samsung. Pour les utilisateurs qui changent régulièrement de smartphone, c’est un argument en béton.
Mieux, Meta dispose d’un levier que personne d’autre ne possède sur le marché des wearables : ses lunettes connectées Ray-Ban Display, écoulées à près de 6 millions d’exemplaires en 2025. La montre pourrait servir de centre de contrôle gestuel pour les lunettes créant un écosystème cohérent entre le poignet et le visage. Ni Apple, ni Google ne peuvent répliquer cette synergie à court terme.
Notez que pour concentrer ses efforts, Meta a même repoussé le lancement de ses lunettes de réalité mixte Phoenix à 2027. Tout pour le poignet, donc.
50 milliards dans le rouge : l’urgence derrière la montre
Derrière l’enthousiasme, il y a une réalité financière loin d’être anodine. La division Reality Labs a perdu 16 milliards de dollars rien qu’en 2024. En face, Apple a généré 41 milliards avec ses objets connectés et accessoires la même année. Le fossé est vertigineux.
Aucun prix n’a filtré pour la Malibu 2 mais le positionnement des Ray-Ban à 359 € laisse penser que Meta pourrait viser un tarif agressif pour attirer le grand public. Dans un marché où l’Apple Watch domine avec une décennie d’avance et où Samsung, Google, Garmin et Oura tiennent solidement leurs positions, entrer avec un prix élevé serait probablement un mauvais départ.
L’autonomie, la précision des capteurs et le catalogue d’applications restent les grandes inconnues — et accessoirement les raisons exactes pour lesquelles le premier projet avait capoté. Meta saura-t-il éviter les mêmes écueils ?
Notre verdict : ambitieux, mais tout reste à prouver
Le succès des Ray-Ban connectées prouve que Meta sait vendre du hardware quand le produit est bien pensé. Mais une montre connectée, c’est un tout autre combat. La concurrence est féroce, les attentes sont élevées et les cimetières de wearables ratés sont blindés de concessions.
Si Meta parvient à livrer une smartwatch IA véritablement intelligente, compatible avec tous les smartphones et intégrée à ses lunettes, le groupe pourrait créer quelque chose d’inédit sur le marché. Si c’est juste une montre de plus avec un logo Meta dessus… on connaît la chanson.



