Elles ne paient pas de mine avec leurs quelques grammes et leur design minimaliste, pourtant les bagues connectées sont en train de bousculer le marché des wearables.
Avec une croissance prévue de 49% en 2026 et les dernières innovations dévoilées au CES, ces petits bijoux technologiques prouvent que la tech la plus impactante n’est pas toujours la plus visible. Faisons un petit tour d’horizon d’un phénomène qui prend de l’ampleur.
De geek gadget à must-have santé
C’était hier, les bagues connectées étaient une curiosité réservée aux early adopters et aux fans de quantified self.
Le segment opère aujourd’hui une toute autre trajectoire. Le cabinet IDC prévoit que 6,4 millions de smart rings seront vendus en 2026, soit une hausse de 49% par rapport à 2025. On est encore loin des 163 millions de montres connectées écoulées chaque année, mais la trajectoire fait sérieusement réfléchir.
Les bagues connectées font enfin ce qu’on attend d’elles. Suivre votre santé 24h/24 sans l’encombrement d’une montre au poignet. Mesurer votre sommeil avec une précision chirurgicale grâce à la finesse de la peau des doigts. Et tout ça avec une autonomie qui fait pâlir n’importe quelle smartwatch.
Notez que le marché s’est considérablement structuré. Oura Ring domine avec sa quatrième génération sortie fin 2024. Mais Samsung a frappé fort avec sa Galaxy Ring lancée mi-2024. Et au CES 2026, une bonne vingtaine de nouveaux modèles se sont bousculés sur les stands. Le petit bijou connecté est devenu grand.
Des innovations qui changent tout
Le CES 2026 a révélé que les smart rings de demain ne se contenteront pas de compter vos pas.
Le RingConn Gen 3, attendu pour l’été 2026, embarque du retour haptique. Votre bague vibrera pour vous réveiller en douceur le matin ou vous alerter d’un événement santé détecté.
Plus de dépendance avec votre smartphone pour savoir que votre fréquence cardiaque grimpe anormalement. Votre bague vous prévient discrètement par de légères vibrations.
La Samsung Galaxy Ring 2, dont les premières rumeurs circulent déjà, promettrait un capteur de température corporelle intégré, une autonomie encore rallongée et surtout des outils d’IA capables de générer des plans d’entraînement ultra-personnalisés. On parle aussi d’un design encore plus fin et d’une gamme de tailles élargie pour s’adapter à tous les doigts.
Dans la liste des exemples, la Pebble Index 01 présentée au CES joue une carte totalement différente. Exit les capteurs santé classiques, place à un micro et un bouton cliquable.
Vous serez en mesure d’enregistrer vos pensées à la volée en appuyant sur votre bague. La transcription se fait localement sur votre smartphone pour préserver votre vie privée. Une sorte de journal vocal discret qui vous suit partout.
Pourquoi les doigts battent les poignets
Si les bagues connectées cartonnent, c’est qu’elles répondent à plusieurs frustrations des montres connectées. D’abord, la discrétion. Porter une Apple Watch Ultra de 49mm au poignet, ça se remarque. Une fine bague en titane ? Personne n’y fait attention.
L’autonomie est le pendant de l’adhésion à un wearable. Là où votre montre connectée vous lâche au bout d’une journée (deux dans le meilleur des cas), une bague tient facilement 4 à 7 jours selon les modèles.
La Oura Ring 4 annonce même jusqu’à 8 jours d’autonomie. De quoi partir en week-end sans chargeur.
Une bague aussi petite soit-elle cache bien son jeu sur la précision. La peau des doigts étant bien plus fine que celle du poignet, les capteurs peuvent capter des signaux physiologiques avec une acuité supérieure. Fréquence cardiaque, variabilité cardiaque, oxygénation sanguine, température corporelle… tout est mesuré avec plus de justesse.
À l’usage, beaucoup d’utilisateurs adoptent d’ailleurs les deux. Montre au poignet pour les notifications et le sport actif, bague au doigt pour le suivi santé continu et le sommeil. Les deux se complètent plus qu’ils ne se concurrencent.
Le duel Samsung vs Oura s’intensifie
Deux marques se distinguent actuellement sur ce marché naissant : Oura et Samsung.
La pionnière finlandaise Oura règne depuis 2013 avec ses anneaux élégants et son appli ultra-léchée.
La Oura Ring 4 reste la référence en termes de suivi du sommeil et de récupération sportive.
Arrivé plus tard mais avec les grands moyens, Samsung a lancé la Galaxy Ring en 2024. L’avantage avec sa rivale est que la bague connectée profite de l’écosystème Galaxy.
Votre bague communique avec votre montre, votre smartphone et même vos écouteurs pour offrir une expérience unifiée.
La bataille s’annonce serrée pour 2026. Oura mise sur son avance technologique et sa communauté fidèle. Samsung compte sur son réseau de distribution mondial et ses innovations IA. Les deux approches ont leurs mérites pour le plus grand bonheur des utilisateurs.
J’ajoute que des dizaines de challengers tentent leur chance. RingConn impressionne avec son rapport qualité-prix. Ultrahuman mise sur les mesures métaboliques. Circular propose un design ultra-fin. Le marché se fragmente et se diversifie, un indicateur favorable sur ce segment.
L’Apple Ring : l’arlésienne
On ne peut pas parler de bagues connectées sans évoquer l’éléphant dans la pièce : l’Apple Ring.
Depuis 2023, les rumeurs se succèdent. Des brevets sont déposés régulièrement. Des sources proches de la marque évoquent un projet actif.
Pour le moment rien de concret, Apple semble hésiter. D’un côté, une bague connectée pourrait cannibaliser les ventes de l’Apple Watch, sa poule aux œufs d’or. De l’autre, laisser ce marché aux concurrents serait un aveu de faiblesse stratégique surtout si la tendance continue sur sa lancée.
La pomme ne fait jamais les choses à moitié. La marque préfère arriver en retard avec un produit parfait plutôt que de se précipiter. On l’a vu avec la montre connectée, les AirPods ou le Vision Pro. Une vision payante ? L’avenir nous le dira.
Les limites qu’il faut connaître
Le wearable parfait n’existe pas et après avoir démontré les bénéfices d’un tel dispositif, la bague connectée n’est pas exempt de point négatif.
L’écran, vous l’aurez compris, c’est pas leur truc. Pas de notifications visuelles, pas de réponse aux messages, pas d’apps tierces. Il vous faut toujours un smartphone ou une montre.
Le suivi sportif actif est également limité. Votre bague excelle pour analyser votre récupération et votre sommeil, mais elle ne remplace pas une montre GPS pour tracer vos runs ou vos sorties vélo. Les capteurs de mouvement sont moins performants que sur une montre.
Le prix peut aussi faire sourciller. Comptez entre 200 et 400 euros selon les modèles. Auxquels s’ajoute parfois un abonnement mensuel pour accéder à toutes les fonctionnalités d’analyse (Oura pour ne pas les citer et ses 6,99€/mois).
Enfin, le confort n’est pas toujours au rendez-vous. Porter une bague 24h/24, même légère, demande une adaptation. Certains utilisateurs se plaignent de gêne lors de l’utilisation du clavier d’ordinateur ou pendant le sport. À tester avant d’investir.
Le futur est au doigt ?
Les signaux sont clairs ! Les bagues connectées ne sont plus une niche geek. Elles deviennent un segment à part entière du marché des wearables avec ses champions, ses innovations et ses millions d’utilisateurs conquis.
La croissance de 49% prévue pour 2026 n’est probablement qu’un début. À mesure que les capteurs s’affinent, que l’IA devient plus pertinente et que les prix baissent, on peut s’attendre à une adhésion rapide.
Les cas d’usage évoluent aussi. On achète aujourd’hui une bague connectée pour suivre son sommeil et sa santé. Demain, elle pourrait être votre clé de voiture, un moyen de paiement sans contact (RIP AEKLYS) ou de télécommande universelle pour vos objets connectés à la maison.
Certains y voient même le futur de l’interaction homme-machine. Des gestes subtils du doigt pour contrôler votre environnement digital sans sortir votre smartphone. Une vision encore lointaine, mais qui germe dans les labos. Et clairement le lointain de nos jours est souvent demain.



