Il y a des marques qui font du teasing en grande pompe, avec des comptes à rebours et des invitations mystérieuses. Et puis il y a Garmin, qui glisse ses annonces les plus excitantes… dans un appel trimestriel aux investisseurs. Ambiance PowerPoint et jargon boursier. Pourtant, quand le PDG Cliff Pemble lâche qu’il s’attend à « une accélération de la croissance outdoor en 2026 portée par un nombre significatif de nouveaux produits » et que « les performances seront plus fortes au second semestre grâce au calendrier des lancements », les amateurs de montres GPS ont tout de suite compris : la Fenix 9 arrive. Et elle ne viendra pas seule.
Un pipeline qui fait saliver les traileurs
Garmin est passé à un rythme de rafraîchissement annuel pour sa gamme phare. La Fenix 8 est sortie en août 2024, la Fenix 8 Pro en septembre 2025. Faites le calcul, une Fenix 9 en août-septembre 2026 serait pile dans les clous.
Le site spécialisé The5kRunner, qui traque les dépôts FCC et les brevets Garmin comme d’autres suivent le mercato, recense potentiellement jusqu’à 25 lancements de produits sur l’année. Même en comptant les variantes régionales et les mises à jour mineures, cette année serait monstre.
Côté Fenix 9 justement, les spéculations tournent autour de plusieurs axes. D’abord, l’affinement des technologies introduites sur la Fenix 8 Pro : la LTE (déjà disponible, mais encore épaisse et gourmande en batterie), la messagerie satellite bidirectionnelle et le MicroLED qui pourrait s’étendre à davantage de formats de boîtier.
Garmin a aussi déposé des brevets pour une couronne digitale magnétique étanche. Exit les boutons qui prennent l’eau sur vos trails sous la pluie. La marque explorerait également des cellules solaires intégrées sous un écran AMOLED. Sur le papier, c’est la promesse d’une montre plus fine, plus autonome et plus lisible que la génération actuelle.
Du poignet au guidon : tout l’écosystème en mouvement
La Fenix 9 n’est que la pointe de l’iceberg. Garmin préparerait un renouvellement en profondeur de quasiment toutes ses gammes.
L’Enduro 4, la montre des ultra-traileurs qui repoussent les limites de l’autonomie, devrait doubler la mise sur la batterie. On parle de plus de 350 heures en mode GPS avec solaire.
La MARQ Gen 3 apporterait le meilleur de la tech Fenix dans un écrin en titane pour ceux qui veulent une montre de sport qui passe aussi bien en salle de réunion.
Et le Vivosmart 6, fuitée avant le CES, embarquerait pour la première fois un GPS intégré dans un bracelet fitness.
Côté vélo, l’Edge 1060 se profile comme le prochain compteur GPS flagship, avec probablement un écran plus économe en énergie.
Plus surprenant : les rumeurs évoquent un retour du Varia HUD, un affichage tête haute pour cyclistes qui projetterait les données de navigation directement dans le champ de vision. Et le Varia radar arrière, déjà adoré des cyclistes urbains, pourrait recevoir une mise à jour avec détection du niveau de menace des véhicules.
Enfin, la CIRQA — un bracelet sans écran façon Whoop, entièrement dédié au suivi de la récupération et du Body Battery — pourrait créer une nouvelle catégorie chez Garmin. L’idée : plus de 21 jours d’autonomie grâce à l’absence d’écran, avec un suivi continu de la fréquence cardiaque, de la température cutanée et du stress. L’analyse se fait exclusivement via l’app Garmin Connect, pour celles et ceux qui souhaitent les données sans la distraction.
Pourquoi Garmin accélère (et pourquoi ça vous concerne) ?
Derrière cette avalanche de produits, il y a un calcul très concret. Le segment outdoor de Garmin n’a crû que de 5 % en 2025, quand le fitness explosait à +33 %.
Or c’est le segment outdoor qui affiche la meilleure marge du groupe, à 66 %. Autrement dit : Garmin a besoin de relancer sa locomotive la plus rentable et une Fenix 9 convaincante au second semestre serait assurément la réponse idéale.
Cela induit deux choses pour vous. D’abord, si vous lorgniez une Fenix 8 Pro ou un Enduro 3, attendez quelques mois : les prix vont forcément baisser à l’approche des annonces. Ensuite, et c’est peut-être le plus intéressant, les technologies développées pour le haut de gamme vont progressivement descendre dans les gammes plus accessibles.
Garmin a déjà amorcé le mouvement en mettant la LTE dans la Bounce 2, une montre… pour enfants.
Quand la messagerie satellite et le MicroLED arriveront sur une Forerunner à 400 €, la donne changera vraiment pour le commun des sportifs.
En attendant, Garmin continue de faire ce que la marque fait de mieux : avancer sans faire de bruit, empiler les brevets et préparer des montres que l’on ne regrettera pas d’avoir attendues.
Rendez-vous cet été !



