Un téléphone qui hoche la tête quand il est d’accord, qui suit votre visage pendant un appel et qui se met à danser sur votre morceau préféré.
Ce n’est pas le pitch d’un film de science-fiction mais la promesse du Honor Robot Phone, présenté officiellement le 12 août.
La marque chinoise, ancienne filiale de Huawei, tente un pari que personne n’avait osé, celui de glisser un vrai petit robot à l’intérieur d’un smartphone. Derrière le côté spectaculaire se cache une idée précise – transformer le bloc photo en module mobile et vivant.
On a épluché la fiche officielle pour démêler le génie du « gadget ».
Le bras motorisé définit ce Robot Phone
Le cœur de l’appareil, c’est son système de gimbal à quatre axes, que Honor présente comme le plus petit du marché grâce à un micromoteur réduit de 70 %. Concrètement, le capteur principal de 200 mégapixels ne reste pas figé dans la coque. Il se déploie en huit dixièmes de seconde et pivote pour filmer sous à peu près tous les angles.
Cette petite mécanique change la manière de cadrer. Là où un smartphone classique attend sagement qu’on le bouge, celui-ci oriente lui-même son objectif. Honor parle d’un contrôle du mouvement digne d’un robot et pour une fois la formule ne sonne pas creux.
Il approuve, il refuse, il danse
C’est la partie la plus déroutante. Grâce à ce bras articulé, le Robot Phone se met à parler avec son corps. Il hoche vigoureusement la tête quand il approuve, la secoue quand il n’est pas d’accord et peut même exécuter une pirouette pour vous remonter le moral. Honor appelle ça l’interaction par IA incarnée.
Pendant un appel vidéo, le module suit votre visage pour vous garder dans le cadre, même si vous vous baladez dans la pièce. Et si l’envie vous prend de lancer de la musique, l’appareil analyse l’ambiance du morceau et bouge la tête en rythme. On oscille entre le gadget attachant et l’animal de compagnie électronique.
Une caméra taillée pour le grand écran
Au-delà du spectacle, Honor insiste sur la vidéo. La stabilisation mécanique sur trois axes se double d’un moteur de stabilisation par IA, censé garder l’image nette même dans les mouvements les plus brusques. La marque promet un rendu digne d’un vrai stabilisateur, sans l’encombrement d’un accessoire à trimballer.
Deux fonctions sortent vraiment du lot. Le suivi de sujet, d’abord : un double appui sur une personne à l’écran et la caméra la verrouille pour ne plus la lâcher, quitte à la retrouver après un passage derrière un obstacle.
L’AI Spinshot, ensuite, fait pivoter l’objectif sur 90 ou 180 degrés d’une seule main, histoire de transformer une scène banale en plan soigné.
ARRI aux manettes et une fiche de flagship
Pour la partie image, Honor s’est offert un partenaire de prestige : ARRI, le fabricant allemand de caméras qui équipe les plateaux de cinéma. Le Robot Phone serait le premier smartphone à enregistrer nativement en Log-C3, avec des profils colorimétriques maison, de quoi parler aux vidéastes qui peaufinent leurs images au montage.
Le reste de la fiche joue dans la cour des flagships. On évoque un trio de capteurs de 200, 50 et 200 mégapixels, une puce Snapdragon 8 Elite Gen 5, une batterie de 6 000 mAh, une charge rapide de 120 W et un écran plat en définition 1,5K. Ce Robot Phone n’est pas qu’une bête de foire, il flirte aussi avec le haut de gamme.
Le hic : disponibilité et zones d’ombre
Reste le point qui refroidit. Au lancement, le Honor Robot Phone serait réservé à la Chine, sans date ni prix confirmés pour le reste du monde. Impossible de dire si, et quand, il posera un pied en Europe.
Honor précise aussi que les fonctions présentées sont encore en préparation et pourraient évoluer d’ici la commercialisation. Prudence, donc, avant de crier au génie : entre une démo bien rodée et l’usage réel au quotidien, il y a parfois un fossé.
Coup de génie ou coup d’éclat ?
Difficile de rester de marbre devant un objet aussi culotté. Le Honor Robot Phone secoue une catégorie qui tournait en rond, avec une idée forte et un vrai savoir-faire derrière, ARRI en renfort.
Reste à savoir si ce bras robotisé répond à un besoin réel ou s’il finira au rayon des curiosités, comme tant de concepts avant lui.
On aimerait beaucoup le voir franchir nos frontières pour en avoir le cœur net.



