Le prix du kilowattheure ne redescend pas et de plus en plus de foyers cherchent à produire et stocker leur propre électricité plutôt que de dépendre entièrement du réseau.
À l’IFA 2026 de Berlin, Anker, EcoFlow et DJI ont chacun dégainé leur nouvelle génération de batteries domestiques, conçues pour se brancher directement sur une prise murale sans gros chantier électrique.
La promesse est limpide et plus qu’allèchante, stocker le surplus de vos panneaux solaires le jour, le réinjecter chez vous le soir et lisser la facture. Reste à savoir ce que ces boîtiers valent vraiment une fois sortis du salon berlinois et surtout ce que la réglementation française autorise réellement pour un particulier qui voudrait s’équiper sans faire intervenir un électricien.
Anker, EcoFlow, DJI : trois batteries, une même idée
Anker a présenté la SOLIX Solarbank Max AC, une batterie de 7 kWh qui peut grimper jusqu’à 42 kWh en empilant jusqu’à cinq unités supplémentaires. Elle encaisse 3.500 W en courant alternatif et revendique la capacité de récupérer jusqu’à 99 % du surplus solaire produit dans la journée.
EcoFlow a répondu avec la gamme Stream 2, dont le modèle Stream 5000 embarque 5.024 Wh et quatre entrées MPPT capables d’absorber jusqu’à 5.000 W de panneaux solaires.
DJI, plus discret sur ce terrain jusqu’ici, a dévoilé son Power 2000, un boîtier portable couplé à des panneaux et un micro-onduleur pensé pour se raccorder directement à l’installation électrique de la maison. Seul hic pour ce dernier, la commercialisation démarre en Allemagne, sans date française annoncée pour le moment.
Ce que coûte vraiment « l’indépendance » énergétique
Côté prix, Anker positionne sa Solarbank Max AC à 2.199€ pour l’unité de base, contre 2.499€ habituellement et à 3.998€ avec une batterie supplémentaire. La marque promet un retour sur investissement en deux ans et demi grâce à l’autoconsommation du surplus, un calcul qui dépend largement de votre exposition, de votre consommation et du prix de l’électricité au moment de l’achat.
EcoFlow joue la carte du prix d’appel avec son Stream 5000 à 1.299€ en précommande, avant un lancement officiel annoncé pour septembre 2026.
Les deux batteries misent sur une décharge complète, sans la réserve de sécurité de 10 % que gardent en général les concurrents et sur un basculement automatique en cas de coupure de réseau en quelques millisecondes.
Le hic français : ce que dit vraiment la législation
En France, brancher une batterie solaire sur le réseau n’est pas aussi simple qu’une prise que l’on visse au mur. Toute installation raccordée doit faire l’objet d’une déclaration auprès d’Enedis, une convention d’autoconsommation gratuite qui se remplit en une dizaine de minutes en ligne.
Sur une prise standard, la puissance peut délivrer une puissance maximale théorique de 3.680 watts et il faut un circuit dédié posé par un professionnel pour aller au-delà.
Une installation fixe, câblée directement au tableau électrique, impose depuis septembre 2025 un disjoncteur différentiel 30 mA installé par un électricien qualifié.
Le Consuel n’intervient qu’au-delà de 3 kWc de puissance installée. Autrement dit, le kit « plug and play en cinq minutes » promis par Anker fonctionne bien pour une configuration simple, mais dès que vous visez les gros chiffres annoncés à l’IFA, comptez un passage obligé par un professionnel.
Ce qu’il faut vérifier avant de craquer
Ces nouvelles batteries tiennent une promesse honnête sur le papier : moins dépendre du réseau et amortir ses panneaux plus vite. Mais le calcul ne fonctionne vraiment que si l’apport solaire est suffisant, si votre consommation colle au bon moment de la journée,et si vous acceptez qu’une partie de l’installation passe par un professionnel dès que la puissance grimpe.
Pour un premier pas, la Solarbank Max AC ou le Stream 5000 restent plus accessibles qu’une installation solaire classique. En revanche pour le DJI Power 2000, un peu de patience s’impose avant de voir la couleur d’un lancement français.



