Speediance s’est fait un nom en logeant une salle de musculation entière dans un meuble connecté, le fameux Gym Monster et ses câbles motorisés. À l’IFA de Berlin, la marque a changé de terrain de jeu en dévoilant le Speediance Strap, son tout premier objet à porter sur soi.
Ici pas de montre, pas un énième cadran tactile mais un bracelet connecté sans écran, pensé pour lire votre corps en silence. Son argument majeur est inhabituel pour un poignet : il mesure la température corporelle centrale en continu. Son lancement officiel est annoncé pour le 17 septembre 2026.
Du rack de muscu au poignet
Le glissement est logique quand on y réfléchit. Une machine de force sait ce que vous soulevez mais elle ignore tout de votre état le matin même. Le Speediance Strap comble cette inconnue. Il reste discret, se fait oublier au poignet et n’affiche rien puisque Speediance a fait le choix assumé du zéro écran.
Tout se passe dans l’application mobile. L’objectif n’est pas de remplacer votre smartwatch mais de tourner en arrière-plan pendant des mois, comme un capteur de santé qui accumule patiemment vos données. Cette philosophie se transforme en tendance, tant les bracelets sans cadran se sont multipliés cette année.
La carte maîtresse : la température centrale
Mesurer la température interne du corps demande d’ordinaire une méthode plutôt invasive, à l’aide d’une pilule connectée ou d’une sonde, rien de très pratique en salle.
Speediance s’appuie sur la technologie Calera du spécialiste suisse greenteg, qui marie un capteur de température cutanée et un capteur de flux thermique.
Ce dernier mesure la chaleur que votre corps évacue, puis un algorithme en déduit une estimation de la température centrale, sans rien avaler ni s’appareiller. L’intérêt est concret pour qui s’entraîne : repérer la fenêtre où le corps est vraiment chaud et prêt à encaisser du lourd, surveiller la charge thermique quand l’effort grimpe, éviter de pousser une séance que l’organisme n’a pas envie d’assumer.
Reste à vérifier la fiabilité de cette lecture au poignet, promesse technique la plus ambitieuse du bracelet.
Mais encore ?
Le reste du programme se veut solide. Le Speediance Strap suit vos entraînements en reconnaissant les exercices, en mesurant le volume de travail et l’évolution de votre vitesse d’exécution, jusqu’à estimer la fatigue et la capacité de force du jour.
Il ajoute le suivi du sommeil et des réponses physiologiques au stress puis synthétise le tout en un indice de forme quotidien.
Speediance résume ce fonctionnement en quatre temps, baptisés système CARE : Collecter les données, les Analyser, Recommander une marche à suivre, puis passer à l’Exécution – c’est le moteur de son application maison dopée à l’intelligence artificielle, Wellness+.
Le bracelet ne se contente donc pas d’empiler des chiffres, il vous souffle si la séance du soir est nécessaire ou si une nuit de repos serait plus avisée.
Sans abonnement forcé et gratuit la première année
Sur ce marché, un nom plane au-dessus des autres, Whoop, dont le bracelet ne fonctionne qu’au prix d’un abonnement mensuel obligatoire.
Speediance prend le contre-pied. Les données d’activité et de récupération de base resteront gratuites après l’achat et la marque annonce même les analyses avancées offertes pendant les 365 premiers jours.
L’offre Wellness+ payante, avec ses plans pilotés par l’IA, n’arriverait qu’en deuxième année et de façon optionnelle.
Le même bras de fer anime le Garmin Cirqa, ce bracelet fantôme qui veut faire trembler Whoop, ou le bracelet fitness Luna Band.
Speediance garde toutefois une carte que la concurrence ne dispose pas : ses propres machines. Le matin, le bracelet signale que votre récupération est basse. L’appareil de la marque allège alors la séance tout seul. Un capteur et une machine de sport qui se parlent, voilà une promesse séduisante… mais de niche.
On surveille de près
Un bémol tempère l’enthousiasme. À quelques jours du lancement, le Speediance Strap n’affichait toujours aucun prix officiel, un vrai manque pour le situer face à Whoop ou Garmin.
La marque évoque des versions Standard et Pro, sans plus de détail et l’autonomie exacte reste dans le flou. La mesure de température centrale au poignet, elle aussi, devra faire ses preuves hors du stand de salon. La singularité du produit peut tirer son épingle d’un jeu déjà très convoité.



