Retrouver un objet volé, c’est souvent une course contre la montre où l’on a toujours un métro de retard.
Le voleur s’est déjà volatilisé et votre traceur se réveille que toutes les cinq minutes.
À l’IFA 2026 de Berlin, le français Invoxia dit vouloir en finir avec ce décalage.
Sa nouveauté, le Tracker Pro Max, se présente comme le premier traceur GPS autonome au monde à transmettre sa position chaque seconde. Aux côtés d’un Tracker Classic remis à jour et d’un Biotracker pour chien, la marque déroule toute sa gamme.
L’homme derrière Withings repart à la chasse aux larcins
Petit détour utile parce qu’Invoxia n’est pas une marque sortie de nulle part. Elle a été fondée en 2010 par Eric Carreel, le même serial-entrepreneur français qui a cofondé Withings, la référence de la santé connectée. B
asée en France avec une petite équipe d’une trentaine de personnes, Invoxia revendique plus de 400.000 clients et sept prix consécutifs de l’innovation au CES de Las Vegas. Sa spécialité, ce sont les traceurs à intelligence embarquée qui savent tenir des mois sans recharge, en s’appuyant sur des réseaux basse consommation comme le LoRa et sur le cellulaire LTE-M. Autant dire que la maison connaît son sujet.
Tracker Pro Max : la position chaque seconde, sans iPhone alentour
Le vaisseau amiral s’attaque frontalement à l’Apple AirTag et son tendon d’Achille.
Là où le petit palet d’Apple dépend des iPhones qui passent à proximité pour donner une position, le Tracker Pro Max embarque sa propre connexion 4G LTE-M, active dans plus de 40 pays, sans smartphone à ses côtés.
Son Live Tracking rafraîchit la localisation à la seconde, quand la plupart des traceurs se contentent d’un point toutes les quelques minutes.
Le tout dans un boîtier de 70 grammes certifié étanche, avec une batterie annoncée pour tenir plus de six mois, soit environ sept fois l’autonomie des modèles habituels. Comptez 179 euros avec sa carte SIM et la première année d’abonnement comprises.
Deux modes malins et un dossier de vol
Là où Invoxia se montre futé, c’est dans l’intelligence du suivi. Le traceur propose deux comportements. Un mode Absence, économe, pour les longues périodes où l’objet dort tranquille. Et un mode Alarme, en surveillance maximale lors des arrêts courts, qui se désactive tout seul quand il détecte le smartphone du propriétaire à proximité, histoire de ne pas hurler pour rien.
En cas de vol avéré, la fonction dossier de vol génère un document officiel avec un QR code, pensé pour aider la police et les assurances à localiser l’objet. Utilisable une fois la plainte déposée, il sert de preuve pour l’assureur, un vrai plus quand on connaît la paperasse habituelle.
Le Classic et le Biotracker complètent la meute
Le Pro Max ne voyage pas seul. Le Tracker Classic 2026, plus petit et vendu 99 euros, joue la carte de la discrétion et de la sobriété. Il combine Bluetooth, Wi-Fi et GPS relayés par le réseau LoRa, sans carte SIM, avec un historique réglable de deux à dix minutes et un mode perdu qui resserre la cadence dès que l’objet bouge.
Quant au Biotracker 2026, il s’adresse à nos compagnons à quatre pattes. Cette cinquième génération de traceur santé pour chien surveille six biomarqueurs, dont la variabilité de la fréquence cardiaque pour repérer stress, fatigue ou douleur avant les premiers symptômes. Il passe lui aussi au Live Tracking à la seconde, pour 248.90 euros.
Le nerf de la guerre, c’est l’abonnement
Ces traceurs ne se paient pas qu’une fois. Le Pro Max coûte 179 euros la première année puis l’abonnement se renouvelle autour de 59,85 euros par an pour garder la connexion cellulaire vivante.
C’est la différence de fond avec un AirTag à une quarantaine d’euros et sans frais récurrents. On ne compare pas les mêmes objets, l’un se repère seul partout, l’autre a besoin d’une foule d’iPhones mais le calcul mérite d’être posé avant de craquer. La vraie question n’est pas le prix affiché mais quel est le prix mensuel de la sérénité ?
Alors, gadget ou vraie tranquillité ?
Invoxia signe une belle démonstration et confirme le savoir-faire français en la matière. Le suivi à la seconde répond à un manque réel et l’idée du dossier de vol prêt pour l’assurance est maline. L’abonnement reste toujours un frein à l’adoption mais une évidence subsiste : quand on a déjà vu partir un vélo ou une moto, savoir précisément où il roule seconde après seconde, ça n’a pas de prix. Enfin presque.


