Dyson a discrètement retiré sa brosse à dents à caméra intégrée de ses sites français, britannique et américain, à peine deux semaines après l’avoir mise en vente.
La CameraJet, facturé 479 euros en France, promettait de filmer l’intérieur de la bouche en direct pour guider chaque coup de brosse. Sauf que plusieurs acheteurs ont vu leur appareil flancher dès les premiers jours : surchauffe qui grille l’électronique, infiltration d’eau dans le compartiment batterie, composants qui s’oxydent, soucis de charge.
Une somme de déconvenue que la marque britannique ne nous a pas franchement habitués à voir, elle qui a bâti sa réputation sur des moteurs increvables et une obsession du détail affichée depuis ces aspirateurs sans sac jusqu’au sèche-cheveux Supersonic.
Une caméra miniature pour ne plus rater un recoin
Le pari, si incongru soit-il, tenait la route. Une minuscule caméra logée dans la tête de brosse filme les dents et les gencives, et l’application mobile associée pointe du doigt les zones oubliées (un peu comme un dentiste qui regarderait par-dessus l’épaule à chaque brossage). De quoi séduire un public prêt à payer le prix fort pour améliorer une hygiène qu’on bâcle trop souvent le matin, entre deux tartines. Le concept avait d’ailleurs de quoi taper dans l’œil des lecteurs habitués aux objets qui transforment un geste banal en donnée exploitable.
La CameraJet, deux semaines avant de disparaître des rayons virtuels
Le calendrier fait mal. Lancé début septembre 2026, la CameraJet disparaît des sites marchands dès le 11 septembre, remplacé par des mentions de rupture de stock. Sur les forums et sur Reddit, les témoignages se ressemblent : un appareil qui chauffe puis s’éteint après une unique utilisation, de l’eau retrouvée dans le logement de la batterie, des pièces visiblement oxydées en quelques jours à peine.
Dyson reconnaît du bout des lèvres qu' »un petit nombre de lots de production » de cette CameraJet aurait rencontré « un problème de composant » et assure isoler ces séries plutôt que de lancer un rappel généralisé.
La marque évoque aussi des tensions d’approvisionnement pendant la montée en cadence de sa production.
Pas franchement l’habitude de la maison
Chez Dyson, les couacs de cette ampleur restent rares. La firme s’est construite sur des décennies de brevets moteur et une réputation de robustesse qui justifie ses prix, souvent deux à trois fois supérieurs à la concurrence sur l’électroménager comme sur les soins personnels.
Un lancement qui tourne court en deux semaines, avec des retours aussi concordants sur plusieurs marchés à la fois, dénote pour une entreprise qui teste habituellement ses appareils pendant des années avant commercialisation. De quoi se demander si la course à la fonctionnalité connectée, caméra embarquée comprise, a été menée un peu trop vite pour un objet qui passe sa vie dans la salle de bain, entre chaleur et humidité.
Alors, on patiente ou on passe son tour ?
Difficile de recommander la CameraJet tant que Dyson n’a pas clarifié l’ampleur réelle du problème ni communiqué de date de retour en rayon. Les premiers acheteurs touchés méritent un vrai geste commercial, pas seulement un mail de service client.
Pour les autres (et elle ne s’adresse clairement à toutes et tous), mieux vaut laisser passer une vague de production avant de sortir 479 euros pour une brosse à dents, aussi bluffante soit l’idée d’avoir une caméra dans la bouche chaque matin.




