Samsung Galaxy Glasses : dans le viseur des Ray-Ban Meta

Samsung Galaxy Glasses : dans le viseur des Ray-Ban Meta
© Samsung

Imaginez-vous pouvoir fixer un menu en japonais et l’entendre traduit dans votre oreille une seconde plus tard. Ou observer une façade d’immeuble et recevoir instantanément son histoire, son architecte, sa date de construction. Pas besoin de sortir votre téléphone, pas de photo maladroite, pas de « attends je cherche »… Juste vos lunettes qui font le boulot en silence.

C’est exactement la promesse que Samsung est venu agiter au Mobile World Congress de Barcelone en ce mois de mars 2026 avec les Galaxy Glasses, ses premières lunettes connectées dopées à l’IA.

 

Des yeux connectés qui font confiance à votre smartphone

La philosophie des Galaxy Glasses tient en une formule élégante : les lunettes sont les yeux, le téléphone est le cerveau. Concrètement, les lunettes embarquent une caméra placée à hauteur du regard, capable de capturer en temps réel ce que vous voyez.

Ces images sont immédiatement transmises à un smartphone Galaxy qui les traite grâce à l’IA (notamment via Gemini, l’assistant de Google) avant de vous renvoyer les informations utiles via les haut-parleurs intégrés dans les branches.

Ce choix d’architecture est malin à plus d’un titre. En déportant le traitement vers le smartphone, Samsung peut se permettre de garder les lunettes légères (environ 50 grammes) et sobres en énergie, avec une autonomie annoncée autour de 8 heures. On échappe ainsi au piège dans lequel sont tombés les Google Glass en leur temps : trop lourdes, trop courtes en autonomie, trop intrusives.

Jay Kim, vice-président de la division mobile chez Samsung, l’a résumé avec une certaine franchise à CNBC : si vous avez besoin d’un écran, vous avez déjà votre montre ou votre téléphone. Les Galaxy Glasses, elles, n’en auront pas.

 

Pas d’écran mais une barre tactile et tout l’écosystème Galaxy

C’est l’un des paris les plus audacieux de Samsung : assumer un produit sans affichage intégré aux verres dans un marché où la réalité augmentée fait fanstamer tout le monde
Mais c’est aussi la décision la plus cohérente pour une première génération destinée au grand public.

En lieu et place d’un HUD futuriste, les Galaxy Glasses misent sur une barre tactile adaptée à la branche pour contrôler les fonctions d’un simple glissement du doigt. Le système tourne sous Android XR, en étroite collaboration avec Qualcomm et Google – qui apporte son IA). Un trio qui avait déjà accouché du casque Galaxy XR l’année dernière. Notez que Samsung développe le projet depuis 2023, nous ne sommes donc pas face à un produit précipité.

Côté connectivité, les lunettes s’arriment à votre Galaxy via une connexion sans fil propriétaire. La recharge passe par un port USB-C – le même que vos autres appareils. Et le traitement IA se fait en local sur le téléphone, et non dans le cloud. Un point non négligeable pour la vie privée.

 

Le dossier vie privée : Samsung veut jouer dans un autre registre que Meta

Car justement, si les Galaxy Glasses ressemblent techniquement aux Ray-Ban Meta (caméra, micro, IA, pas d’écran), Samsung entend clairement se différencier sur le terrain de la confidentialité.

Meta traverse en ce moment une zone de turbulences sérieuse : une enquête récente a révélé que des employés basés à l’étranger avaient visionné des vidéos très personnelles captées par les lunettes connectées de ses utilisateurs.
Un scandale qui a refroidi plus d’un fan de la technologie portée. Samsung, en réponse implicite, a annoncé des caches physiques sur les caméras pour signaler clairement quand le capteur est actif, un indicateur LED visible lors des enregistrements ainsi qu’une architecture où les données ne quittent pas votre smartphone. Pas d’envoi au cloud, pas de serveurs tiers. La souveraineté de vos images reste entre vos mains – ou plutôt, sur votre nez.

 

Qualcomm, Google et Samsung : le trio win-win

Cristiano Amon, le patron de Qualcomm, était enthousiaste sur scène à Barcelone. Il a rappelé une évidence qu’on avait peut-être sous-estimée : les lunettes sont placées près de nos yeux, de nos oreilles et de notre bouche.
Ce sont donc les dispositifs les mieux positionnés pour interagir naturellement avec un assistant IA – bien mieux qu’une montre ou un téléphone sorti de la poche.

L’ambition déclarée est même celle d’un assistant « agentique » : des lunettes capables de réserver un taxi, traduire un menu, envoyer un message ou lancer une navigation, le tout sans toucher à votre smartphone. Mieux, cette intelligence devrait s’améliorer continuellement via les mises à jour logicielles du téléphone connecté.

Apple préparerait de son côté une réponse pour 2027. D’autres marques chinoises comme Xreal ou Tecno sont également dans les starting-blocks. Mais Samsung, en prenant position dès fin 2026 avec une date de lancement probable en octobre 2026, s’offre une belle longueur d’avance pour structurer le marché.

 

Une pépite en devenir

Les Galaxy Glasses ne sont pas encore entre nos mains et Samsung a volontairement joué la carte de la discrétion sur les détails —-pas de prix annoncé, pas de date officielle gravée dans le marbre.
Mais ce que la marque coréenne a montré au MWC dessine les contours d’un produit bien pensé, cohérent et ambitieux

Une caméra à hauteur des yeux, une IA qui comprend ce que vous regardez, un design léger, une attention portée à la vie privée : tous les ingrédients d’un accessoire connecté qui pourrait bien s’imposer dans notre quotidien… à condition que l’exécution suive.

Ray-Ban Meta a eu le mérite d’ouvrir cette catégorie. Samsung arrive avec l’un des écosystèmes mobiles les plus vastes au monde. Le duel qui s’annonce risque d’être passionnant.

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