Jusqu’ici, un robot domestique voyait le monde ou le devinait au radar mais il ne le sentait pas. Il fonçait, se cognait, reculait, recommençait.
À l’IFA 2026 de Berlin, MOVA veut lui offrir un sixième sens qui lui manquait cruellement : le toucher.
Sous la bannière « The AI MOVAment », la marque déploie plus de 1.700 mètres carrés de démonstrations et présente 22 nouveautés mondiales, de la tondeuse qui cueille des fruits à la main robotisée digne d’un film de science-fiction. Le fil rouge, c’est l’IA incarnée, cette idée que l’intelligence artificielle doit quitter l’écran pour agir vraiment dans le monde réel. Spectaculaire sur le papier à condition de faire le tri entre le concret et la vitrine.
Une idée simple : l’IA qui sort de l’écran
MOVA ne vient pas à Berlin vendre un aspirateur de plus.
La marque organise tout son stand autour d’une conviction, celle qu’un robot utile doit percevoir son environnement, l’analyser et agir en conséquence plutôt que d’exécuter bêtement un programme.
Cela couvre cinq territoires du quotidien, de l’entretien du jardin au nettoyage de la maison, en passant par la cuisine, le bien-être animal et la robotique la plus pointue.
L’ambition affichée est d’ouvrir une nouvelle ère du quotidien augmenté, avec des technologies que l’on peut voir, ressentir et utiliser. Le vocabulaire est un brin grandiloquent mais la direction est claire.
Des robots qui touchent avant de foncer
La vraie idée neuve, c’est ce sens du toucher. Le système TactiPercept combine la reconnaissance visuelle et une détection tactile grâce à 128 capteurs de pression, une structure souple qui amortit les chocs et un retour de pression en temps réel.
En clair, l’aspirateur ne se contente plus de repérer un obstacle, il le sent au contact. Résultat, il ralentit automatiquement quand il effleure un meuble, longe les murs au plus près pour soigner les bordures et se sert de ces informations tactiles pour se dépêtrer tout seul d’un mauvais pas. MOVA évoque « une véritable peau électronique ». On passe du robot qui voit et évite à celui qui touche et ressent, ce qui n’est pas un détail pour celles et ceux qui ont déjà entendu un aspirateur martyriser une plinthe.
Le dernier centimètre : l’obsession des tondeuses
Dans le jardin, MOVA s’attaque à la hantise de toute tondeuse robot : cette bande d’herbe qui reste le long des murs et des massifs et qu’il faut finir manuellement.
La marque, présentée comme numéro un mondial des ventes de tondeuses robots à LiDAR selon Frost & Sullivan, dégaine sa technologie UltraTrim. Sur la LiDAX Ultra Gen 2, la version 3.0 ajoute un disque de coupe dédié sur le côté droit pour raser au plus près, à zéro centimètre de la bordure.
La génération suivante, UltraTrim 4.0, va plus loin avec un bras robotisé qui se déploie au-delà du châssis, un mécanisme flottant qui épouse le terrain et trois hauteurs de coupe. Longtemps réputé impossible à automatiser, ce fameux dernier centimètre semble enfin à portée de lame.
AstraX et Knot 80 : la tondeuse qui cueille des fruits
MOVA bascule franchement dans la démonstration de force. AstraX, présentée comme la première tondeuse robot équipée d’un bras robotisé, ne se contente plus de tondre. Dotée de têtes interchangeables, elle retire les obstacles de son chemin, cueille des fruits à faible hauteur avec une pince à deux doigts ou arrose certaines zones à heure programmée.
MOVA en fait un vrai spectacle avec plusieurs AstraX qui synchronisent leurs bras au rythme d’un DJ. À côté, la main robotisée Knot 80 pousse la logique à son extrême, avec onze degrés de liberté, une vision 3D et une force de préhension ajustable de 25 à 50 newtons pour saisir un objet sans le broyer. On quitte le rayon électroménager pour entrer dans le laboratoire et il faut le garder en tête.
Et même sous l’eau
MOVA n’oublie pas les bassins. Son système AquaSonar utilise des ultrasons pour maintenir la connexion sous l’eau, là où le Wi-Fi renonce, avec un relais intégré directement à la station plutôt qu’une bouée flottante disgracieuse.
Le robot reste ainsi joignable pendant qu’il récure le fond de la piscine. La marque NexLawn, membre du groupe MOVA, complète le tableau avec ses propres robots de tonte et de nettoyage de piscine. De la plinthe du salon au carrelage de la piscine, MOVA veut clairement s’occuper de tous les recoins de la maison.
Bluffant mais gardons les pieds sur terre
MOVA signe une édition impressionnante et le sens du toucher des aspirateurs comme la coupe au ras des bordures répondent à de vraies besoins du quotidien.
Sur ces sujets, la marque avance des solutions tangibles et bienvenues.
Le reste, en revanche, tient encore beaucoup du concept et du show. La tondeuse qui cueille des fruits et la main à onze degrés de liberté dessinent un futur séduisant mais le communiqué reste muet sur les prix comme sur les dates d’arrivée dans nos jardins.
On applaudit la vision, on note l’audace et on attend de voir tout cela quitter le stand pour la vraie vie.



