Une caméra de surveillance, on la paie une fois. Mais très vite arrive la petite musique de l’abonnement mensuel sans quoi nous perdons l’historique, la détection intelligente ou le simple droit de revoir ses images en bonne qualité. Toutes les marques ne l’imposent pas, loin de là, et de bonnes caméras fonctionnent très bien sans le moindre forfait. Beaucoup poussent pourtant si fort dans cette direction que le réflexe est devenu presque automatique chez l’acheteur.
À l’IFA 2026 de Berlin, EZVIZ décide de prendre le contre-pied. Sous la bannière « Accelerating Innovation », la marque déploie l’un des plus grands stands du salon et déballe cinq univers connectés, de la caméra à triple objectif à la serrure qui reconnaît votre visage. Le fil rouge pas si surprenant, c’est une intelligence artificielle qui redescend du cloud pour s’installer à la maison.
Cinq univers pour quadriller la maison
EZVIZ ne fait pas dans la demi-mesure. La marque organise son espace autour de cinq territoires interconnectés, de la surveillance intérieure et extérieure à l’accès au domicile, en passant par l’intelligence artificielle locale.
L’Europe occupe une place à part dans cette stratégie, comme le rappelle Chris Xu, directeur général de l’International Business Center d’EZVIZ, qui présente le salon comme une vitrine de la capacité d’innovation du groupe.
Derrière le vocabulaire marketing, l’ambition est claire : ne plus être seulement le fournisseur de la petite caméra Wi-Fi pas chère mais l’écosystème qui verrouille toute la maison, du portail au salon.
L’IA déménage du cloud vers le salon
C’est le vrai message de cette édition. Avec son système EZVIZ MIRA et sa nouvelle station AI CoreX, la marque adopte une approche qu’elle baptise « local-first ». En clair, l’analyse des images se fait au sein du foyer plutôt que sur des serveurs distants.
AI CoreX devient le cerveau local de l’écosystème, capable de stocker les enregistrements à domicile et d’y faire des recherches par texte, par photo ou par vidéo, sans connexion permanente à Internet et sans abonnement. Retrouver un moment précis ne demande plus de remonter des heures d’images. EZVIZ ne coupe pas le cordon avec le cloud pour autant, elle en fait une option et non un passage obligé. La nuance est de taille, même si les services cloud payants restent proposés en parallèle.
Trois objectifs valent mieux qu’un
Côté caméras, EZVIZ ajoute une corde à son arc avec la série 90f. Les H90f et HB90f inaugurent chez la marque une architecture à trois objectifs, pensée pour observer un même espace à différentes échelles et atteindre un zoom mixte jusqu’à 12x.
Utile pour les grands jardins, où l’on ne veut plus choisir entre la vue d’ensemble et le détail. La H90f privilégie une alimentation filaire pour les installations permanentes, tandis que la HB90f s’affranchit du câble grâce à sa batterie. À côté, les CB30 et CB60 jouent la carte de la mobilité, compactes et posées sur une base magnétique pour se déplacer au gré des besoins. La CB60 pousse le bouchon avec une double connectivité Wi-Fi et 4G, histoire de continuer à filmer quand le réseau domestique ne suit plus.
La biométrie s’invite sur le pas de la porte
EZVIZ élargit sa gamme dédiée à l’accès au domicile et met le paquet sur la reconnaissance.
En tête, la serrure DL50FVX combine reconnaissance faciale et identification du réseau veineux de la paume, deux objectifs et un écran intégré.
La sonnette vidéo EP8 Ultra ajoute un écran interactif animé par une IA locale. Le visiophone HP7 Pro promet un accès sans clé en 4K pour remplacer les interphones et l’ouvre-portail HG2 600 Pro gère l’entrée des véhicules. Techniquement, c’est impressionnant.
Le nom qui change la lecture : Hikvision
Voilà l’information qui n’apparaît pas dans le communiqué et qui mérite pourtant d’être posée. EZVIZ est la marque grand public de Hikvision, le géant chinois de la vidéosurveillance. Depuis plusieurs années, ce groupe fait l’obje de restrictions et d’interdictions dans plusieurs pays, du Canada aux États-Unis en passant par le Royaume-Uni, sur fond d’inquiétudes autour de la sécurité et de l’usage des données.
Rien de tout cela ne condamne en soi une caméra de salon et EZVIZ n’est pas Hikvision. Mais dans ce contexte, l’argument « vos données restent à la maison » prend un relief particulier, presque une réponse directe aux soupçons.
La démarche local-first est maligne, sincèrement utile et elle ne dispense pas de garder l’œil ouvert, d’autant que le cloud n’est pas totalement écarté.
À qui confie-t-on ses murs ?
EZVIZ signe une édition cohérente et bienvenue. Voir une marque de sécurité militer pour l’IA locale et l’abonnement facultatif, c’est une bonne nouvelle pour le portefeuille comme pour la vie privée.
Reste que confier sa porte à de la reconnaissance faciale n’est pas un geste anodin, surtout quand la marque appartient à un groupe scruté d’aussi près. Le confort d’un côté, la confiance de l’autre et un curseur que chacun placera selon sa sensibilité. Les produits sont là et certains sont déjà en vente. La vraie décision, elle, ne se prend pas sur une fiche technique.




