Il y a des marques qui viennent à un salon présenter un produit et il y a Xiaom.
La marque chinoise débarque pour la première fois à l’IFA de Berlin avec un plan grand comme un terrain de foot.
Sur 3 300 mètres carrés, son plus grand stand jamais monté hors de Chine, la firme n’aligne pas un gadget mais une vision entière : « Human × Car × Home ».
Traduisez, l’humain, la voiture et la maison, tous reliés par l’intelligence artificielle. Plus de 380 produits, un robot humanoïde, une hypercar de jeu vidéo et des voitures bien réelles. Xiaomi ne vient pas vendre, il vient impressionner et insuffler ce que la Chine expérimente déjà sur son territoire. Et il faut reconnaître que le décor a de l’allure.
Premier GROS pas à Berlin
Pour une grande première, Xiaomi n’a pas fait dans la demi-mesure. Le stand s’organise autour de la promesse d’un écosystème où le smartphone, la voiture et le logement parlent le même langage, celui de HyperOS.
L’Europe est clairement la cible. Xu Fei, directrice marketing de Xiaomi, en fait « un marché clé », avec un objectif limpide : rassembler sur le continent les trois piliers domestiques (appareils personnels, véhicules et maison connectée).
Après des années à n’être « que » le champion du smartphone abordable, Xiaomi veut désormais s’installer dans votre salon, votre garage et votre poche en même temps.
Human × Car × Home, la maison qui anticipe
Le cœur du propos, c’est une maison qui anticipe la demande. Xiaomi met en scène le scénario du retour à la maison : le système croise l’heure, votre position et la météo pour ajuster l’éclairage et la climatisation avant même que vous ayez passé la porte.
Une phrase comme « imprime la photo que je viens de prendre » enclenche plusieurs appareils à la suite. Pour concrétiser tout ça en Europe, Xiaomi déploie Mijia, avec plus de 2.000 produits répartis en 130 catégories, pilotables depuis l’application Xiaomi Home.
L’idée est séduisante, à une condition qu’on oublie souvent dans l’euphorie – pour que la magie opère, il faut à peu près tout acheter chez le même fabricant.
Un robot, une hypercar et beaucoup de mise en scène
La frontière entre salon et spectacle se veut mince. Xiaomi sort pour la première fois de Chine son robot humanoïde CyberOne, 1,70 mètre pour 66 kilos, qui salue les visiteurs et forme des cœurs avec ses doigts.
La marque se vante d’un taux de réussite de 98 % pour visser des vis dans son usine, contre 90 % il y a peu.
Autre pièce maîtresse, la Vision Gran Turismo. Il s’agit d’une hypercar électrique qui n’existe que dans le jeu vidéo Gran Turismo. Superbe vitrine de style avec son habitacle « Racing on a Sofa » mais la voiture ne roulera jamais sur le bitume.
La voiture, le porte étendard de la marque ?
Derrière ces concepts, Xiaomi a de vraies autos à montrer et c’est peut-être ce qui attise le plus notre curiosité. Les SU7 et SU7 Ultra tiennent le devant de la scène.
La SU7 Ultra a signé en avril 2025 un record sur la boucle nord du Nürburgring dans la catégorie voiture électrique de luxe. Une performance qui a depuis été battue par une Porsche Taycan, preuve que la bagarre est réelle.
Sur le terrain commercial, Xiaomi revendique plus de 700.000 véhicules livrés en Chine depuis mars 2024. Le hic pour nous, c’est le calendrier : l’arrivée de Xiaomi Auto en Europe, à commencer par l’Allemagne, n’est prévue que pour 2027.
Une démonstration de force plus qu’un catalogue
En prenant du recul, ce stand raconte moins des produits qu’une puissance. Xiaomi annonce plus de 24 milliards d’euros d’investissements en R&D entre 2026 et 2030. La marque dévoile sa propre puce maison XRING O3 dans un smartphone pliable, le Xiaomi 18 Fold et rappelle que sa plateforme d’objets connectés dépasse le milliard d’appareils.
Le message envoyé à Berlin est clair – la marque ne se contente plus de suivre, elle veut fixer le tempo, du grille-pain à la berline électrique. Reste à transformer cette démonstration en produits que l’on peut vraiment acheter et faire fonctionner ensemble.
Séduisant, à condition de tout lui confier
Xiaomi devrait réussir son entrée à l’IFA, aucun doute là-dessus. La vision « Human × Car × Home » est cohérente, l’exécution soignée, et l’ambition européenne assumée… et les consommateurs sont prêts.
Deux réserves d’honnêteté avant de rêver d’une maison qui pense à notre place. Une bonne partie de ce qui est exposé relève encore de la vitrine ou du concept, de l’hypercar virtuelle à la voiture qui n’arrivera qu’en 2027.
Et cet écosystème n’est fluide que si l’on joue le jeu à fond, en confiant à une seule marque sa poche, son salon et son garage.
Le futur connecté de Xiaomi est bluffant. Encore faut-il avoir envie de lui remettre les clés de tout.



