2025 n’a franchement pas été le son du succès pour Sonos. Une refonte d’application calamiteuse, des utilisateurs furieux, un CEO remplacé et une année passée à colmater les brèches plutôt que de proposer des nouveauté. Alors quand Sonos annonce enfin un nouveau produit grand public, on tend volontier l’oreille (avec un mélange d’espoir et de prudence).
Dévoilé le 10 mars, le Sonos Play est cette fameuse enceinte portable que tout le monde attendait : un juste milieu entre la petite Roam 2 et l’imposante Move 2, à 349 € en Europe. Accompagnée de l’Era 100 SL à 199 €, elle marque le vrai retour de Sonos sur le segment de marché.
Un couteau suisse audio
Le pari du Sonos Play réside dans sa polyvalence. À la maison, elle se pose sur sa base de charge sans fil et s’intègre au système multiroom Sonos comme n’importe quelle autre enceinte de la gamme : groupement par pièces, appairage stéréo et Trueplay automatique qui ajuste le son à l’environnement en continu. En déplacement, elle se décroche, s’accroche à un sac grâce à sa boucle amovible et devient une enceinte Bluetooth avec 24 heures d’autonomie et une certification IP67.
Petit bonus track, ce Sonos Play embarque une power bank intégrée capable de recharger votre smartphone. L’enceinte qui alimente votre téléphone plutôt que l’inverse, on n’avait pas vu ça venir.
Le son dans les détails
Sous la coque mate se cachent trois amplificateurs Class-H, deux tweeters orientés pour la séparation stéréo, un midwoofer et des radiateurs passifs à annulation de force qui poussent les graves sans faire vibrer le boîtier. Le tout dans un format compact de 19 × 11 × 7,7 cm pour 1,3 kg — sensiblement plus léger que la Move 2.
Côté connectivité, on retrouve du Wi-Fi 6, du Bluetooth 5.3, le support AirPlay 2, Spotify Connect et les assistants vocaux via un réseau de micros far-field avec beamforming.
La batterie est remplaçable, un choix que Sonos présente comme un engagement de durabilité — et qui évitera de jeter l’enceinte quand la batterie fatiguera dans trois ans.
L’USB-C est de la partie pour le chargement filaire, et un adaptateur optionnel permet même de brancher une entrée audio ou un câble Ethernet.
Le groupement Bluetooth, enfin
C’est la vraie nouveauté d’usage. Jusqu’ici, regrouper des enceintes Sonos nécessitait un réseau Wi-Fi. Le Play introduit le groupement Bluetooth : connectez votre téléphone à une enceinte, appuyez longuement sur Play/Pause sur trois autres Sonos Play ou Move 2 à proximité et les quatre se synchronisent. Pique-nique, camping, week-end chez des amis sans Wi-Fi — le scénario est évident. La concurrence (JBL, Ultimate Ears) fait ça depuis un moment. Mais pour Sonos, c’est un rattrapage bienvenu qui ouvre le système à des usages nomades qu’il ignorait jusque-là.
Et l’Era 100 SL dans tout ça ?
Sonos a aussi profité de l’annonce pour dévoiler l’Era 100 SL à 199 €, une version allégée de l’Era 100 sans microphone. Pas de commande vocale, pas de micro espion dans le salon — certains apprécieront.
Elle partage l’architecture acoustique de sa grande sœur (trois amplis Class-D, deux tweeters, un midwoofer) et sert de porte d’entrée abordable dans l’écosystème Sonos. On peut la jumeler en stéréo, l’ajouter comme surrounds d’une barre de son, ou simplement l’installer dans une pièce supplémentaire.
À ce prix, c’est un ticket d’entrée nettement plus digeste que la plupart des produits Sonos.
Sonos joue la carte de la confiance
Le message du nouveau CEO Tom Conrad est clair : Sonos veut revenir à ce qui a fait sa réputation — un système où chaque enceinte s’ajoute aux autres plutôt que de les remplacer. On prend l’annonce avec enthousiasme après une année 2025 où la marque avait sérieusement entamé la confiance de sa communauté.
Reste à voir si l’exécution sera à la hauteur du discours. L’app Sonos est-elle enfin stable ? Le Trueplay automatique tient-il ses promesses sur le Play comme sur les modèles sédentaires ? Nous n’avons pas encore eu l’enceinte en main, mais les premiers retours de la presse US sont encourageants. Les précommandes sont ouvertes dès maintenant avec une disponibilité générale fixée au 31 mars.



